Frédéric Martel, auteur connu pour son ouvrage "Occidents, enquête sur nos ennemis", a été invité à s'exprimer lors de l'émission "Tout est politique" diffusée le 18 avril. Lors de cette rencontre avec Myriam Encaoua, il a abordé la triste actualité : la mort d'un soldat français intégré dans la Force intérimaire des Nations unies (Finul) au Liban.
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Myriam Encaoua : Frédéric, vous avez une connaissance approfondie du terrain et de la région de Deir Kifa, où ce tragique événement a eu lieu. Pouvez-vous nous en dire plus ?
Frédéric Martel : J'ai eu l'opportunité de cohabiter avec les soldats basés à Deir Kifa, le camp principal des Français, comptant environ 700 militaires. Leur mission est singulière : ils sont là pour protéger les autres Casques bleus, étant les mieux armés sur le terrain.
Quelles sont les spécificités de cette mission ?
La Finul regroupe des forces de plusieurs nationalités, comme des Indonésiens ou des Indiens, et s'étend le long de ce qu'on appelle la ligne bleue, qui délimite la frontière entre Israël et le Liban. La base française à Deir Kifa collabore parfois avec des soldats finlandais, connus pour leur sens de l'humour et leur sauna. Les Français, très équipés, possèdent également des ressources de renseignement conséquentes, leur permettant d'être au courant des événements le long de la frontière. La perte du sergent-chef Florian Montorio est particulièrement douloureuse pour ceux qui œuvrent pour la paix car ils ne sont pas des militaires au sens classique, mais des Casques bleus, pris dans un contexte extrêmement complexe entre Israël et une armée libanaise influencée par le Hezbollah, qui, en réalité, a infiltré les rangs de cette armée.
Pensez-vous que cette mission ait une véritable efficacité, compte tenu des contraintes de la Finul ?
Il convient de noter que la Finul peut utiliser la force uniquement en légitime défense. Leur rôle principal est d'observer et de rapporter, ce qui a une réelle importance pour la compréhension de la situation sur le terrain. Grâce à leur présence, nous restons informés des tensions sur la ligne bleue.
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