Au Salvador, la justice a ouvert le 20 avril un procès contre 486 membres présumés de la Mara Salvatrucha (MS-13), incluant de nombreux dirigeants. Cet événement constitue le premier procès collectif ciblant le haut commandement d'un gang dans le pays, selon des sources médiatiques locales.
Les images de l'audience montrent des centaines de prévenus vêtus de blanc, alignés côte à côte, les pieds entravés, et présentent une comparaison virtuelle.
Plus de 70 accusés en fuite
Sur les 486 accusés, 413 sont actuellement détenus au Centre de confinement du terrorisme, une prison surdimensionnée construite par le gouvernement de Nayib Bukele. Des mandats d'arrêt ont été émis pour 73 autres individus toujours en fuite.
Le MS-13 est tenu responsable d'une multitude de crimes, notamment l'ordre de commettre 87 meurtres lors d'un week-end de mars 2022. Selon le parquet, les 486 accusés sont impliqués dans environ 47 000 délits, y compris 29 000 homicides, entre 2012 et 2022.
Historique du gang, le MS-13 et son rival, le Barrio 18, ont autrefois contrôlé 80 % du territoire national, une affirmation empreinte de gravité faite par le président Bukele.
Le parquet vise "les peines maximales" et appelle à des réformes
Le parquet a annoncé qu'il disposait de preuves suffisantes afin de demander des peines maximales, laissant planer la possibilité d'une réclusion à perpétuité en raison d'une réforme récemment adoptée. D'après des sources comme The Guardian, un accusé pourrait faire face à une peine allant jusqu'à 245 années de prison.
Nés dans les rues de Los Angeles dans les années 1990, les gangs tels que le MS-13 ont semé le chaos au Salvador pendant plus de trois décennies, impliqués dans l'extorsion, le trafic de drogue, et d'autres activités criminelles. Selon les déclarations de Nayib Bukele, ces groupes seraient responsables de l'assassinat d'environ 200 000 personnes, dont 80 000 cas de disparitions.
Bien que le président Bukele ait gagné en popularité grâce à sa lutte contre la violence gangstérielle, des organisations non-gouvernementales relèvent des abus, tels que 500 décès en détention et des allégations de torture. Ces conditions se sont intensifiées sous l'état d'exception qui permet une arrestation sans mandat judiciaire.
Des experts comme ceux de Human Rights Watch ont exprimé leurs inquiétudes concernant les procès de masse, en disant que ces mesures pourraient mettre en danger des innocents. De récentes modifications législatives sur la criminalité organisée n'ont pas permis de garantir la responsabilité pénale individuelle et ont supprimé les audiences de preuve.







