Le 30 avril, le Parlement brésilien a porté un coup dur au président Lula en annulant son veto sur une loi facilitant une réduction de peine pour Jair Bolsonaro, condamné à 27 ans de prison pour tentative de coup d'État. Ce développement représente un sérieux revers pour Lula, déjà affaibli, à seulement six mois des élections.
Cette décision, qui intervient après le rejet par le Sénat de la nomination d'un proche de Lula à la Cour suprême, souligne la fragilité de la position du président de gauche. À 80 ans, Lula brigue un quatrième mandat face à des adversaires, dont Flavio Bolsonaro, le fils de l'ancien président d'extrême droite, qui devient de plus en plus populaire dans le paysage politique.
Les parlementaires ont validé la loi par 318 votes contre 144 à la chambre des députés et 49 contre 24 au Sénat, ce qui permettrait à Bolsonaro de bénéficier d'une réduction de peine. Ce texte, largement censuré par Lula en janvier, a été adopté à la fin de 2025 et vise également d'autres condamnés pour des actes similaires.
Rogerio Marinho, sénateur du Parti libéral, a déclaré que cette annulation marquait « un tournant dans notre histoire ». De son côté, Flavio Bolsonaro a exprimé sa satisfaction en affirmant « que le gouvernement Lula est désormais terminé, et cela réjouit les Brésiliens ».
Séance agitée au Parlement
Le débat autour de cette loi a été marqué par des tensions palpables, avec des cris et des insultes des deux côtés. Luciano Zucco, député bolsonariste, a mentionné que « la droite espère une amnistie générale avec l'élection de Flavio Bolsonaro ». Gleisi Hoffmann, députée de gauche, a dénoncé cette démarche, arguant qu'elle constitue un moyen de « légitimer les tentatives de coup d'État ».
En septembre dernier, Jair Bolsonaro a été reconnu coupable par la Cour suprême pour avoir conspiré à maintenir son pouvoir malgré sa défaite en 2022. Les règles initiales prévoient qu'il ne peut bénéficier d'un aménagement de sa peine qu'à partir de 2033, mais la nouvelle loi pourrait bouleverser cette échéance.
La réduction de peine envisagée pourrait également bénéficier aux individus impliqués dans les émeutes du 8 janvier 2023, lorsque des partisans de Bolsonaro ont attaqué les institutions à Brasilia. La Cour suprême avait qualifié cet événement d'épisode central d'un projet putschiste.







