Le secrétaire d'État américain, Marco Rubio, a informé les alliés européens de l'OTAN que ceux-ci devront s'habituer à une réduction significative du nombre de soldats américains stationnés sur le continent. Cette annonce intervient alors que l'alliance se prépare pour un sommet crucial à Ankara en juillet prochain en présence de Donald Trump.
Rubio a déclaré en conférence de presse qu'il y aurait, à terme, « moins de troupes américaines » après une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'OTAN, tenue à Helsingborg, en Suède. Il a souligné que, bien que cette nouvelle puisse susciter des inquiétudes parmi les alliés, elle n'est pas surprenante.
Le secrétaire d'État a aussi révélé qu'un ajustement serait fait « aujourd'hui ou dans les jours à venir » au sujet de ce que certains à l'OTAN qualifient de « cavalerie », un groupe de forces susceptibles d'être mobilisées dans les 180 jours si nécessaire.
La décision de Donald Trump d'envoyer 5 000 soldats supplémentaires en Pologne, annoncée juste après le retrait de 5 000 militaires d'Allemagne, a de nouveau pris au dépourvu les alliés européens. Dans ce contexte, Rubio a précisé que ces mesures ne sont en rien « punitives ».
Maxime Prévot, le ministre des Affaires étrangères de Belgique, a commenté les messages parfois discordants de Rubio, les percevant comme davantage destinés à son audience intérieure qu'à ses partenaires européens.
La ministre suédoise des Affaires étrangères, Maria Malmer Stenergard, a qualifié la situation actuelle de « déroutante », mettant en lumière les difficultés de compréhension entre les membres de l’alliance, son pays n'étant devenu membre qu'en 2024.
Tout en accusant une dégradation de l'engagement américain en Europe, les pays européens souhaitent que ce désengagement se fasse de manière ordonnée et sans surprises, surtout après que Trump s'est montré déçu par le manque de soutien européen face à sa stratégie contre l'Iran.
Rubio a également abordé un potentiel « plan B » en cas de blocage dans le détroit d'Ormuz, précisant que si cela ne relevait pas forcément d'une mission de l'OTAN, il était essentiel que les membres de l'alliance apportent leur soutien à une telle initiative.
Cependant, les pays européens de l'OTAN ne sont pas restés inactifs. Ils ont compris le message et, selon le secrétaire général de l'OTAN, Mark Rutte, ont déjà commencé à prépositionner des navires de guerre dans le cadre d'une coalition internationale pour sécuriser un des axes maritimes vitaux pour l'approvisionnement énergétique.
Les États-Unis attendent également des Européens qu'ils prennent plus de responsabilités pour leur propre défense, ce qui se traduit par une préparation à de nouveaux contrats d'armement, y compris des partenariats avec les(S) États-Unis, comme l'ont rapporté des diplomates à Bruxelles.
Ces annonces doivent rester discrètes jusqu'au sommet de l'OTAN à Ankara, où les alliés européens espèrent rassurer Trump tout en réaffirmant leur soutien à l'Ukraine, en présence du président Volodymyr Zelensky. Mark Rutte a proposé de consacrer au moins 0,25 % du PIB des pays de l'OTAN à soutenir militairement l'Ukraine, une idée qui n'a cependant pas été retenue.







