C'est une déclaration qui ne manque pas d'agiter les tensions déjà palpables au Moyen-Orient. Benyamin Netanyahou, le Premier ministre israélien, a annoncé ce jeudi avoir donné l'ordre à l'armée d'intensifier son contrôle sur la bande de Gaza, malgré les engagements pris par Israël dans le cadre d'un cessez-le-feu récemment instauré sous la pression des États-Unis. Dans une vidéo diffusée par Channel 12, Netanyahou a affirmé que l'armée israélienne contrôlait désormais 60 % du territoire.
« Actuellement, nous avons le Hamas à la gorge. Nous occupons 60 % de Gaza », a-t-il déclaré lors d'une réunion dans une colonie israélienne en Cisjordanie, une affirmation qui a suscité des cris d'approbation dans l'assemblée. Répondant à des partisans qui réclamaient un contrôle total, Netanyahou a promis : « Commençons avec 70 %. Nous avons le territoire sous contrôle de plusieurs côtés… Et nous nous occuperons du reste plus tard. »
Une trêve en péril
Ces propos surviennent alors que des affrontements et des frappes israéliennes continuent d'affecter Gaza, en dépit de l'accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, chaque partie accusant l'autre de violer la trêve. Selon le site Le Monde, la situation sur le terrain demeure tendue, et les deux belligérants peinent à progresser vers un accord permanent.
La transition vers la phase deux des accords, qui devait inclure le désarmement du Hamas et un retrait progressif des forces israéliennes de Gaza, semble bloquée. Cette phase aurait aussi conduit à un rétabli du statu quo d'avant les hostilités, autorisant un contrôle plus équilibré des territoires.
Une crise humanitaire sans précédent
Au-delà de ces hostilités, la situation humanitaire dans la bande de Gaza est jugée « catastrophique », selon plusieurs ONG. Plus de deux millions de Palestiniens demeurent piégés dans une enclave en proie à des destructions massives. Des organisations comme Médecins Sans Frontières ont appelé l'ONU à agir en déclarant que les conditions de vie dans la partie contrôlée par le Hamas sont désastreuses. RFI rapportait que le rapport du 22 mai dernier avait mis en lumière le non-respect par Israël de ses obligations en matière humanitaire.
Le Premier ministre, lors d'une intervention antérieure le 15 mai, avait réaffirmé la nécessité d'un contrôle militaire dans Gaza, répondant à des critiques avec une fermeté résolue : « Certains nous ont dit de nous retirer, mais nous avons choisi de rester parce que notre sécurité en dépend. »







