Ce mardi, Israël a poursuivi ses frappes sur le sud du Liban face à une réponse continue du Hezbollah, malgré les engagements d'apaisement de Washington, qui fait la médiation pour une nouvelle série de pourparlers entre diplomates libanais et israéliens.
Le président Donald Trump a déclaré lundi soir sur son réseau Truth Social que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait formé une promesse de ne pas déployer de troupes à Beyrouth et que le Hezbollah s’engagerait à un « cessez-le-feu total ».
Cependant, l'armée israélienne a bombardé mardi une vingtaine de zones dans le sud du Liban, selon l'Agence nationale d'information (ANI) du Liban. Le Hezbollah a répondu par plusieurs attaques ciblant les soldats israéliens présents sur son territoire, mais n'a pas fait état de tirs en direction d'Israël, en dépit de l'interception de deux projectiles par les forces israéliennes.
Peu après les annonces de Trump, Netanyahu a maintenu sa position, affirmant qu'Israël continuerait de frapper les « cibles terroristes » à Beyrouth si les attaques du Hezbollah se poursuivaient. Son ministre de la Défense, Israël Katz, a également soutenu que les États-Unis avaient « validé le principe » d’une action militaire.
Dans la même lignée, Netanyahu a affirmé que l’armée continuera sa progression dans le sud du Liban, affirmant vouloir « écraser » le Hezbollah pour garantir la sécurité du nord d’Israël. Les répercussions de ce conflit s’avèrent tragiques : au total, 3.468 personnes ont péri suite aux frappes israéliennes depuis le début du conflit le 2 mars dernier, tandis que le bilan israélien fait état de 27 victimes, dont 26 soldats.
- Une situation désastreuse -
Le Hezbollah entraîne le Liban dans cette guerre régionale, agissant sous l'égide de l’Iran, qui conditionne tout accord de paix avec Washington à la cessation des hostilités sur le front libanais. Netanyahu a dénoncé, lors d'une récente déclaration, les « violations répétées » du cessez-le-feu par le Hezbollah, qui seraient la cause de son intention d’intensifier les frappes au sud de Beyrouth, une menace ayant suscité une vraie panique dans la population locale.
Selon Axios, Trump aurait qualifié Netanyahu de « complètement fou », lui reprochant de miner les négociations avec l’Iran.
Dans la banlieue sud, de nombreux habitants ayant fui les violences sont revenus, comme Leila Shahab, 35 ans, qui a décrit la situation comme « un peu calmée » selon ses observations. Les hôpitaux, notamment l’hôpital Jabal Amel, difficilement touchés, ont repris leurs activités, même après une frappe ayant blessé le personnel.
Au nord, près de Saïda, des secouristes ont retrouvé six membres d'une famille, dont deux enfants, parmi les décombres d’une maison ciblée par une frappe la veille.
- Vers une solution négociée ? -
Les diplomates libanais et israéliens se rencontrent pour la quatrième fois sous l'égide américaine. Le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a affirmé que ces négociations étaient l’« option la moins coûteuse » pour son pays, alors que le Hezbollah opposait une forte résistance à ceux-ci.
La veille, le Hezbollah avait accepté une proposition américaine stipulant qu'Israël s'engageait à ne pas frapper la banlieue en échange d'un engagement du Hezbollah à cesser ses attaques. Cet accord pourrait potentiellement élargir le cessez-le-feu sur l'ensemble du territoire libanais.
Le président du parlement libanais, Nabih Berri, qui agit comme intermédiaire, a indiqué qu'il garantirait le respect du contrat par le Hezbollah, en cas d'accord de cessez-le-feu global. Cependant, un haut responsable du Hezbollah a déclaré à l'AFP qu'il ne pouvait accepter un « cessez-le-feu partiel » avec Israël.







