Le responsable politique de 84 ans, Rached Ghannouchi, ainsi que d'autres membres éminents de son parti Ennahdha, ont été condamnés mardi à des peines de prison sévères, allant de dix ans à la perpétuité. Les accusations portent sur la création d'un «appareil sécuritaire secret» au service du parti qui a occupé le devant de la scène politique tunisienne depuis 2011.
Selon les reportages relayés par plusieurs médias, dont Le Figaro, Ghannouchi a écopé de la perpétuité, accompagnée de 30 années supplémentaires, tandis que l'ancien officier de l'armée Kamel ben Bedoui a reçu une peine de la même durée. Ali Laarayedh, ancien Premier ministre et détenu dans une autre affaire liée au jihadisme, a été condamné à 42 ans de réclusion.
Arrêté en 2023, Rached Ghannouchi avait déjà été condamné à plus de quarante ans de prison pour des faits liés à un «complot contre la sûreté de l'État». Après le verdict, il a qualifié ce jugement de «manque des conditions de justice les plus élémentaires».
Depuis le coup d'État de Kaïs Saïed, le 25 juillet 2021, qui lui a conféré des pouvoirs étendus, l'opposition et la société civile dénoncent une régression des droits et libertés en Tunisie, un pays qui avait été à l'avant-garde du Printemps arabe en 2011.
Les implications de ce jugement sont lourdes. Selon des experts, il marque une étape cruciale dans l'évolution de la démocratie tunisienne. Pour le politologue Hichem Ben Ahmed, ce verdict pourrait entraîner une radicalisation de l'opposition, exacerbant ainsi les tensions politiques dans le pays.
Cette situation est à surveiller de près, alors que de nombreux Tunisiens expriment leurs inquiétudes sur l'avenir de la démocratie. Les prochaines semaines seront décisives pour l'avenir politique de la Tunisie.







