La journaliste, étroitement associée à Vincent Bolloré, est actuellement sous le feu des critiques pour avoir diffusé des informations jugées prorusses, suite aux accusations du gouvernement français.
"Xenia Fedorova incarne la propagande à l'état pur", déclare le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui joint sa voix à celle de nombreux eurodéputés, tels que Nathalie Loiseau et Raphaël Glucksmann, exigeant des sanctions à son encontre. Malgré ces tensions, son titre de séjour a été renouvelé jusqu'en 2024, un fait soulevant de vives interrogations quant à l'impartialité des autorités administratives.
Laurent Nunez, ministre de l'Intérieur et ancien préfet de police de Paris, a défendu cette décision, précisant qu'elle était strictement administrative. Mais cette réponse ne semble pas étouffer les critiques qui fusent à l'encontre de Fedorova, déjà perçue comme une propagandiste pro-Kremlin depuis ses débuts à Russia Today (RT) à Moscou.
Une carrière marquée par la controverse
Xenia Fedorova, âgée de 45 ans, a commencé à construire sa carrière dans les années 2000 sur RT, un média financé par le gouvernement russe. Sans formation journalistique, elle a rapidement gravi les échelons, se liant étroitement à Margarita Simonian, une figure emblématique des médias prorusses.
En 2017, elle est nommée directrice de RT France. À peine lancée, la chaîne est prise dans un tourbillon d'allégations de désinformation, soutenant même des thèses sur Emmanuel Macron lors de sa campagne présidentielle. Lors d'une confrontation avec Macron, ce dernier a déclaré : "RT et Sputnik ont souvent formulé des contre-vérités sur ma personne."
La situation s'est agitée davantage en juin 2018, lorsque RT France a été mise en demeure par le CSA pour "manquements à l'honnêteté de l'information" dans le traitement de la guerre en Syrie. Fedorova a qualifié ces accusations de simple "problème technique", tout en soutenant l'indépendance de ses journalistes.
RT France et ses déboires
A l'issue de l'invasion de l'Ukraine par la Russie en février 2022, RT France a été officiellement interdite, accusée d'utiliser des termes tels que "opération militaire", minimisant ainsi les actes hostiles. Malgré cette interdiction, Fedorova a su rester en France avec un titre de séjour prolongé, devenant une figure incontournable des médias de Bolloré.
À travers ses interventions, Fedorova continue de porter la parole du Kremlin, comme le souligne sa déclaration récente, affirmant que "l'Occident a prolongé le conflit" en Ukraine. Cette affirmation, ainsi que d'autres insinuations sur la réarmement allemand, alimentent un débat houleux au sein des sphères politiques et médiatiques.
>> En savoir plus sur les implications de la désinformation dans les médias en France.
Fedorova défend sa position en dénonçant une "russophobie" ambiante qui met en péril sa liberté d'expression, un discours également relayé par ses partisans. Ce faisant, ils s'inscrivent dans une narrative plus large: celle de la prétendue suppression de la liberté d'expression dans les démocraties occidentales.







