Un juge péruvien a statué que Roberto Sanchez, candidat de gauche à la présidence, pourrait être jugé pour des infractions présumées aux règles de financement des campagnes électorales.
Dimanche, il se mesurera lors du second tour à la candidate de droite, Keiko Fujimori, héritière de l'ancien président autocrate Alberto Fujimori, dans une élection d'une grande importance, qui s'annonce très serrée.
Cependant, cette décision judiciaire ne devrait pas empêcher le scrutin, puisque M. Sanchez a un délai d'une semaine pour intenter un recours. Son avocat a d'ores et déjà indiqué qu'un appel serait formé. Si Sanchez est élu, il bénéficierait d'une immunité selon la Constitution péruvienne.
Le juge Adolfo Farfan a déclaré qu'il existait "des bases suffisantes" pour juger Sanchez à l'issue d'une audience virtuelle de deux jours.
Le parquet, qui a demandé une peine de cinq ans et quatre mois d'emprisonnement, a exprimé sa satisfaction concernant la décision. Selon l'accusation, des incohérences ont été découvertes dans les rapports financiers de son parti, Juntos por el Perú, lors des campagnes électorales régionales et municipales entre 2018 et 2020.
- "Un mensonge" -
Roberto Sanchez aurait omis de déclarer plus de 57.000 dollars de contributions reçues de membres de son parti pour financer des activités électorales.
Le juge Farfan a précisé que "cette juridiction a décidé de reconnaître la validité formelle de l'accusation".
L'affaire avait initialement été examinée en janvier 2026, mais le tribunal avait rejeté une partie de l'accusation, demandant aux procureurs de reformuler leur dossier.
Jusqu'à présent, Roberto Sanchez ne s'est pas exprimé sur cette décision judiciaire. Jeudi, il a assisté à l'audience par visioconférence, juste avant de tenir son dernier rassemblement à Lima.
"Depuis des années, des mensonges ont été répandus pour me discréditer politiquement", avait-il dénoncé sur les réseaux sociaux en avril.
Le candidat de gauche accorde une responsabilité importante à Keiko Fujimori, qu'il accuse d'appartenir à une "mafia" politique, source de l’instabilité qui a frappé le pays, avec huit présidents en fonction depuis 2016.
Quatre de ces présidents ont été destitués par le Parlement, où le parti de Fujimori, Fuerza Popular, joue un rôle influent. Deux présidents ont démissionné avant d’être révoqués, tandis qu'un autre a connu un mandat très bref de huit mois. L'actuel président par intérim, José Maria Balcazar, doit céder le pouvoir en juillet.







