La police indienne a intensifié ses mesures de sécurité dans la capitale New Delhi à l'approche d'une manifestation orchestrée par le mouvement controversé dénommé "Parti du peuple des cafards" (CJP), appelant à la démission du ministre de l'Éducation.
Émergeant récemment sur la scène politique indienne, le CJP a rapidement gagné en visibilité grâce à une série de déclarations audacieuses, notamment celles du président de la Cour suprême, Surya Kant, qui a qualifié les jeunes critiques du gouvernement de "cafards" et de "parasites". Si ces remarques étaient destinées à cibler les fraudeurs académiques, elles ont alimenté un ressenti grandissant contre le gouvernement.
Le nom du CJP fait écho à celui du Bharatiya Janata Party (BJP), le parti nationaliste hindou au pouvoir sous Narendra Modi, en place depuis 2014. Le slogan du parti, "un front politique de la jeunesse, par la jeunesse, pour la jeunesse", a rapidement fait le tour des réseaux sociaux, propulsant le mouvement dans le débat public.
En dépit d'une stricte régulation du contenu en ligne, les comptes du CJP se sont multipliés, atteignant plus de 22 millions d'abonnés sur Instagram, loin devant les neuf millions du BJP et les 13 millions du principal parti d'opposition, le Congrès.
"Nous devons mener ce mouvement avec amour et paix", a déclaré Abhijeet Dipke, le fondateur du CJP, dans un message posté sur les réseaux sociaux en attendant sa venue à New Delhi après un séjour aux États-Unis. Ce jeune homme de 30 ans, étudiant à l'université de Boston et ancien conseiller en communication politique pour le parti d'opposition Aam Aadmi Party (AAP), a lancé son initiative le 16 mai dernier.
Dipke a exhorté ses partisans à se rassembler le 6 juin dans la capitale pour demander des comptes au ministre de l'Éducation, Dharmendra Pradhan. Celui-ci est en effet sous le feu des critiques à cause de différents scandales, dont des fuites d'examens et des problèmes techniques notables.
Pour anticiper d'éventuels troubles, la sécurité a été considérablement renforcée autour de l'aéroport et du lieu de la manifestation, avec des barricades d'acier et des véhicules de contrôle des émeutes en place, comme l'ont rapporté des journalistes de l'AFP.
Dans un message sur Instagram, Dipke a récemment souligné que l'avenir de la jeunesse indienne est "en train d’être gâché". Malgré une croissance économique prometteuse, des millions de jeunes peinent à accéder à des emplois stables, exacerbant ainsi un mécontentement ambiant qui pourrait bien faire éclater d'autres formes de mobilisation.







