Face au drame qui a bouleversé Fleurance, le monde politique s’empare de l’affaire Lyhanna. Mais cette agitation soudaine ne saurait masquer des années d’alertes à propos de la protection de l’enfance.
Par Delphine Noyon
Dans l’affaire Lyhanna, les citoyens ont du mal à saisir ce que sous-entend le terme « dysfonctionnements de la justice ». En effet, le suspect, déjà en examen, avait fait l’objet de plusieurs plaintes pour violences sexuelles sur des enfants, lesquelles avaient été soit classées, soit laissées sans suite.
La marche blanche organisée à Fleurance a attiré de nombreuses personnes, tout comme d’autres initiatives prévues dans plusieurs villes françaises en réponse à cet appel à l'unisson pour que de tels drames ne se reproduisent plus. L'affaire Lyhanna, aussi tragique soit-elle, met en lumière des problématiques bien plus vastes : depuis des années, des associations, des militants, des familles, des victimes, des avocats ou encore des magistrats tirent la sonnette d’alarme concernant le manque de prise en compte de la parole des enfants, la longueur des procédures, le sous-financement de la justice, ainsi qu'un suivi insuffisant des prédateurs sexuels.
Sur le plan politique, des réactions se multiplient. Dominique de Villepin, par exemple, propose la création d'un parquet spécialisé dans les violences faites aux femmes et aux enfants, tandis que le Parti Socialiste appelle à organiser un grenelle sur la protection de l'enfance. Le ministre de la Justice a également annoncé dimanche soir qu'une revue des plaintes concernant les enfants serait menée dans un délai court, englobant environ 70.000 dossiers !
Cependant, il convient de rester prudent vis-à-vis de ces annonces spectaculaires. Les Français attendent davantage qu’une agitation ponctuelle : ils réclament une prise de conscience profonde et durable sur la protection de l’enfance.







