Le chef du cabinet des ministres argentin, Manuel Adorni, a fait des révélations étonnantes sur sa gestion financière en reconnaissant avoir fraude au fisc durant plusieurs années.
Lors d'une enquête en cours concernant un enrichissement illicite présumé, il a confessé des omissions fiscales, déclarant qu'il agissait "comme tout bon Argentin". Dans une interview avec La Nacion le 10 juin, il a souligné la nécessité de conserver des fonds sous le radar, expliquant : "À cette époque, la seule façon d’échapper à la 'vieille politique' était de se constituer une épargne au noir. L'idée de déclarer mes économies ne m'a jamais effleuré.
Ce constat fait écho à une méfiance historique des Argentins envers le système bancaire et le peso, exacerbée par des crises économiques successives. Nombre d'entre eux privilégient l'épargne en dollars, qui est perçu comme une valeur refuge dans ce contexte économique fragile.
Des gains non déclarés de 500 000 dollars
Manuel Adorni a également affirmé qu'il est désormais en règle avec le fisc, prêt à s'acquitter de toutes les obligations fiscales, amendes et intérêts. Selon ses dires, une part significative de sa richesse proviendrait d'investissements en cryptomonnaies, atteignant environ 500 000 dollars entre 2014 et 2018, avant qu'il ne s'engage en politique.
Face à ces révélations, plusieurs mouvements d'opposition ont convoqué une session extraordinaire pour débattre d'une motion de censure prévue pour le 23 juin. Manuel Adorni, proche de Javier Milei, est sous le feu des projecteurs et fait l'objet d'une surveillance accrue depuis des fuites concernant ses déplacements et ses frais, notamment immobiliers.
Il a maintes fois répété, y compris en session parlementaire, qu'il n’avait rien à cacher, qualifiant ses actes de "mauvaises décisions" plutôt que de délit, notamment pour un voyage à New York qu'il avait effectué avec sa femme. Néanmoins, les doutes persistent, et l’affaire pourrait avoir des répercussions significatives sur sa carrière politique.







