Les avocats de David Hearn, 67 ans, dénoncent ce qu'ils qualifient de machination politique accompagnée d'accusations aberrantes qui devraient alarmer tout citoyen américain. Cette affaire, liée à la célèbre reflecting pool de Washington, a pris une tournure néfaste. L’ancien athlète olympique américain, interpellé en juin près du bassin attenant au Lincoln Memorial, a été inculpé jeudi pour «destruction criminelle de propriété publique ». Selon Jeanine Pirro, procureure fédérale du district de Columbia, Hearn encourt jusqu'à 10 ans de prison et se présentera pour une première audience le 9 juillet.
Le 19 juin, alors qu'il faisait du vélo dans la capitale, Hearn, qui avait représenté les États-Unis en canoë-kayak lors des JO de Barcelone, Atlanta et Sydney, a décidé de s'approcher de ces travaux de rénovation. Il a témoigné qu'il avait été frappé par l'apparence de l'eau, envahie par les algues, et du revêtement appliqué au bassin, déjà en déclin. Dans une interview accordée au Washington Post, il a expliqué : «J’ai simplement voulu toucher un morceau qui pendait, je n'ai rien retiré.» Il a ensuite été encadré par des membres de la Garde nationale et interpellé par des agents pour dégradation de bien public.
Trois jours après son arrestation, l'ancien président Donald Trump a évoqué une fausse accusation de sabotage, prétendant que le revêtement avait été sectionné à l'aide d'une arme blanche. Malgré l'absence de preuves tangibles, il a menacé ceux qu'il suspectait d'être responsables de ces actes, provoquant ainsi une vague de critiques.
Lors d'une conférence de presse, Jeanine Pirro a déclaré : «Un grand jury a formulé un acte d'accusation contre Hearn pour destruction criminelle. Nos témoins affirment qu'il a causé des dommages substantiels, évalués à plus de 1000 dollars.» Face à des journalistes sceptiques, elle a insisté sur la gravité des actes.
L'équipe juridique de Hearn a réagi avec véhémence, qualifiant les accusations de scandaleuses. Selon Norm Eisen et Mary Dohrmann, ces poursuites illustrent une tentative flagrante de l'administration pour se dédouaner de ses propres échecs. Ils ont averti : «Les Américains devraient s'interroger sur ce pouvoir abusif contre un citoyen ordinaire.»
Depuis sa récente rénovation, ce bassin emblématique est confronté à plusieurs difficultés. La peinture flambant neuve du fond se détériore, et sa teinte «bleu drapeau» a entraîné l'apparition rapide d'algues, soulevant des critiques sur le chantier, estimé à environ 14 millions de dollars, réalisé sans appel d'offres public, selon la presse américaine. Deux entreprises ont été impliquées, dont une ayant des liens avec le président Trump.







