Les rues d'Ankara sont en pleine transformation pour accueillir le sommet de l'Otan. Alors que des équipes municipales s'activent sous le soleil pour embellir la ville, masquant quartiers défavorisés et lieux moins flatteurs, la population s'insurge contre ce qu'elle considère comme des travaux cosmetiques.
À partir de mardi, les chefs d'État et délégations de 32 pays, dont le président américain, sont attendus dans la capitale turque. Cependant, ces préparatifs, dénoncés par l'opposition, soulèvent de vives critiques parmi les habitants. Les autorités signalent que plusieurs axes seront fermés durant deux jours, affectant ainsi la circulation et forçant commerçants et résidents à rester confinés.
Tuncer Bakirhan, co-président du parti de l'opposition prokurde DEM, s'est lamenté : "Ankara est devenue une prison à ciel ouvert... Toute la ville est paralysée pour faciliter la circulation de quelques cortèges officiels." L’opposition évoque des rumeurs de fermeture de parcs pour le jogging matinal du président français, Emmanuel Macron, ce que des sources gouvernementales ont démenti.
Selon des médias turcs, les transformations en cours, telles que la rénovation d'un aéroport militaire et l'ajout de nouvelles infrastructures routières, totalisent un coût approchant les 205 millions d'euros. Les gouvernants soutiennent que ces investissements moderniseront Ankara à long terme, mais pour Ümit Örkan, gérant d'une supérette, "c'est notre argent qui est dilapidé". Les petits commerçants, durement touchés, voient leur activité chuter drastiquement, certains affirmant même avoir perdu jusqu'à 95% de leurs ventes à cause de ces dégagements publicitaires temporaires.
En revanche, la Fédération turque des chauffeurs de taxi se montre proactive, en imposant un code vestimentaire soigné et en prévoyant de proposer des loukoums et de l'eau de Cologne pour accueillir les visiteurs. Les autorités ont également décidé d'envoyer des patrouilles à cheval pour sécuriser la ville, et des améliorations notables ont été faites sur les routes et trottoirs.
Sur les réseaux sociaux, les internautes plaisantent sur ces préparatifs en déclarant : "Si c'est pour vos invités, l'Otan, vous n'avez qu'à le dire !" Cem Özbek, gérant d'une pâtisserie, exprime un regret partagé par beaucoup : "J'aimerais que ces efforts soient faits pour nous, et non pour l'Otan."
Alors que certains habitants choisissent de quitter la ville pour échapper aux désagréments du sommet, d'autres se lamentent de cette situation. Demir Balemir, un jeune diplômé, déclare : "Je ne compte pas rester en ville avec toutes ces fermetures." Sima, étudiante, résume le sentiment général en disant : "Tout ce maquillage n'est pas pour nous." Une blague qui rappelle l'absence d'améliorations réelles pour les habitants au quotidien.







