Un récent rapport de la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH) fait état d'une tendance préoccupante en France : l'émergence croissante d'espaces réservés aux adultes excluant les enfants. Ces zones "no kids" ne cessent de se multiplier, remettant en question la légalité et l'éthique de telles pratiques. Initialement confinés au domaine du tourisme, ces espaces se sont étendus à d'autres secteurs, notamment la restauration. Selon un sondage réalisé par Odoxa, 54 % des Français soutiennent l'idée de créer davantage de lieux réservés exclusivement aux adultes.
Cette dynamique a atteint son paroxysme en janvier dernier avec l’annonce par la SNCF de son offre "Optimum", une classe de train où les enfants ne sont pas admis, suscitant de vives réactions au sein de la société. Jean Castex a tenté de tempérer les critiques, affirmant que l’offre n’était pas spécifiquement destinée à exclure les enfants. Cependant, la haute-commissaire à l'Enfance, Sarah El-Haïry, a souligné la nécessité d'interdire ces pratiques jugées discriminatoires, arguant que "cela tombe sous le coup de la loi".
Une discrimination en fonction de l'âge
En théorie, interdire l'accès à ces espaces sur la base de l'âge est déjà prohibé par le code pénal français, qui considère cela comme une forme de discrimination. Selon le texte, "constitue une discrimination toute distinction opérée entre les personnes physiques sur le fondement de différents critères tels que l'âge, la situation familiale, ou encore l'apparence physique". Les sanctions sont sévères : jusqu'à trois ans d'emprisonnement et 45.000 euros d'amende peuvent être infligés en cas de violation.
Un article publié dans Le Monde a également soulevé des préoccupations quant aux implications sociales de cette situation, en appelant à un débat constructif autour des valeurs familiales et de l'inclusion. Des experts en droits de l'homme mettent en avant que ce phénomène pourrait glycériner des tensions entre générations dans un pays où la famille est traditionnellement valorisée.
Il est donc essentiel de questionner ces pratiques sous l'angle des droits humains et du bien-être des enfants, rappelant que le cadre juridique français vise à protéger toutes les tranches d’âge et à promouvoir un environnement inclusif pour tous.







