Au 1er décembre, les prisons françaises accueillent plus de 86 000 détenus, marquant une nouvelle augmentation inquiétante de la surpopulation carcérale. Les chiffres publiés par le ministère de la Justice révèlent que le nombre de personnes incarcérées a crû de 5 437 en un an, soit +6,7%, alors même que seules 1 209 nouvelles places ont été ajoutées (+1,9%).
La densité carcérale s'établit à 135,6%, avec des maisons d'arrêt atteignant des taux encore plus alarmants de 164,7%. En région parisienne, cette situation est particulièrement sévère, avec une surpopulation atteignant 160,5%. Les prisons d'outre-mer ne sont pas en reste, affichant un taux de 149,6% (source : Le Monde).
Les conditions d'incarcération en France soulèvent de vives inquiétudes. Les syndicats de surveillants comme FO pénitentiaire alertent régulièrement sur les conséquences de cette surpopulation sur le corps des surveillants, déjà en sous-effectif, et sur l'insalubrité des établissements, qui ne peuvent plus garantir un minimum de décence aux détenus.
Dans une étude récente du Conseil de l'Europe, la France se classe parmi les mauvais élèves d'Europe concernant la densité carcérale, juste derrière la Slovénie et Chypre. Des experts évoquent un système à bout de souffle, où l'accroissement incessant du nombre de détenus ne fait qu’aggraver un tableau déjà préoccupant, rendant la réinsertion sociale de ces personnes encore plus difficile.
« Cette spirale infernale révèle des carences profondes dans notre système pénitentiaire et souligne l'urgence d'agir pour trouver des solutions durables », a exprimé un spécialiste des politiques pénales, interrogé par France Info.
Le ministre de la Justice a récemment annoncé des mesures pour améliorer les conditions de détention, mais ces promesses doivent rapidement se traduire par des actes concrets pour espérer inverser cette tendance alarmante.







