Le 5 janvier, le ministère de la santé américain a pris une décision significative en abandonnant la recommandation de six vaccins destinés aux enfants, une initiative qui pourrait changer le paysage de la santé pédiatrique dans le pays. Sous l'influence de Donald Trump et dirigé par le controversé Robert Kennedy Jr., le gouvernement a retiré de la liste des vaccins recommandés ceux contre la grippe, l'hépatite A et B, ainsi que les méningocoques, liés à des méningites, et d'autres vaccins contre des virus respiratoires.
Les parents sont désormais encouragés à vacciner leurs enfants uniquement si ceux-ci appartiennent à des groupes jugés à risque ou après consultation avec leur médecin dans le cadre d'une "décision partagée". Selon le ministre, cette révision vise à aligner le calendrier de vaccination américain sur celui de pays comme le Danemark, où une approche plus restrictive des vaccins est adoptée.
Dans un message posté sur Truth Social, Trump a salué ces changements, affirmant qu'ils offraient une option plus "raisonnable" pour les familles. Cependant, la communauté médicale dans son ensemble exprime de vives inquiétudes. Des experts comme Sean O’Leary, spécialiste en maladies infectieuses, soulignent que le calendrier de vaccination pour les enfants a été méticuleusement élaboré pour protéger les jeunes des maladies potentiellement mortelles et qu’il doit rester fondé sur des données scientifiques solides.
Des préoccupations similaires ont été soulevées par d'autres experts de l'université du Minnesota. Ils avertissent que le modèle danois, souvent cité comme référence, ne prend pas en compte la diversité et la complexité du système de santé américain, où l'accès aux soins n'est pas toujours garanti comme au Danemark.
Les débats se poursuivent, notamment au sein même du parti républicain, où des voix comme celle du sénateur Bill Cassidy mettent en garde contre les risques que ces changements pourraient engendrer. En effet, la possibilité d’un retour de maladies contagieuses, comme la rougeole, devenue rare grâce à un taux de vaccination élevé, devient de plus en plus préoccupante avec une baisse des taux de vaccination observée depuis la pandémie de Covid-19.
Les États ont traditionnellement le pouvoir de réglementer la vaccination scolaire, et face à cette nouvelle directive fédérale, plusieurs d'entre eux envisagent de s'aligner sur des politiques de vaccination plus robustes, restant sensibles aux inquiétudes exprimées par leur communauté médicale. Ainsi, l’évaluation continue de cette réforme pourrait avoir des répercussions considérables sur la santé publique et sur les futurs programmes de vaccination aux États-Unis.







