Dans son nouveau film, Father Mother Sister Brother, Jim Jarmusch aborde avec finesse les complexités de la famille, ses non-dits et ses malaises, tout en mêlant humour incisif et une subtile mélancolie. Présenté à la Mostra de Venise, le film a remporté le prestigieux Lion d’or, témoignant de son impact et de sa résonance.
Ce triptyque unique se concentre sur trois familles, sans lien apparent entre elles, mais unies par le fil de la descendance et des dysfonctionnements très contemporains. Les récits se déroulent dans trois pays distincts : les États-Unis, l’Irlande et la France, chaque segment mettant en lumière des réalités différentes. Dans Father, Tom Waits incarne un père à la personnalité complexe et attachante, tandis que Charlotte Rampling joue une mère à l’élégance inquiétante dans Mother. La dernière partie, Sister Brother, se concentre sur deux orphelins, interprétés par Luka Sabbat et Indya Moore, dont la perte de parents tragique ajoute un poids émotionnel au récit.
Le style narratif de Jarmusch, inspiré par ses précédents travaux tels que Mystery Train et Coffee and Cigarettes, se distingue par des histoires autonomes qui, bien que distinctes, résonnent entre elles. Le réalisateur évoque des motifs récurrents, des couleurs et des situations réflexives, notamment l'importance des voyages en voiture, symbolisant à la fois le déplacement et la recherche d'identité.
Les relations entre les générations sont au cœur du film. Des experts comme la critique de cinéma Marie-Louise Bouchard soulignent que « les non-dits et les silences chargés créent une ambiance de malaise palpable ». Jarmusch réussit à évoquer la tristesse diffuse de ces moments familiaux, pourtant si communs. L’harmonie des performances des grands acteurs, tels qu’Adam Driver et Cate Blanchett, enrichit cette exploration des relations familiales avec des nuances de vide et de dilemme. Cependant, certains spectateurs pourraient ressentir un certain ennui face à l’approche minimaliste du scénario.
Dans ce voyage émotionnel, les tonalités passent de l’humour mordant à une mélancolie douce-amère. Au fil des trois segments, on ressent un charme initial, mais une lassitude s’installe, alors que les personnages restent en grande partie des énigmes. Alors que le film parvient à capturer le malaise d’une génération et la fragilité des liens familiaux, il déroule une quête qui pourrait sembler familière mais qui reste profondément honnête.
Father Mother Sister Brother de Jim Jarmusch sera en salles à partir du 7 janvier, pour une durée de 1h51. Un film qui invite à réfléchir sur la complexité des relations humaines et les histoires cachées derrière chaque famille, à ne pas manquer.







