Le taux du Livret A, souvent considéré comme une référence pour les épargnants français, pourrait une fois de plus faire parler de lui. Alors qu'il est actuellement fixé à 1,7 %, une baisse à 1,4 % est anticipée au 1er février prochain. Cette évolution s'inscrit dans un contexte où la formule de calcul traditionnelle, basée sur le taux d'inflation et le taux €STR, indique une telle réduction.
Dans une note récente, l'économiste Éric Dor a souligné que le taux du Livret A doit correspondre au maximum entre 0,5 % et la moyenne de l'inflation hors tabac, qui est estimée à 0,9 % pour les six derniers mois, ainsi que le taux €STR, évalué à près de 1,93 %. Cela laisse une marge qui, selon les analyses, mène à une rémunération indicative à 1,4 % pour le Livret A. Ce changement pourrait également se traduire par un manque à gagner significatif pour les détenteurs de comptes au plafond maximum de 22.950 euros, se chiffrant à près de 69 euros sur une année.
Le Livret de développement durable et solidaire devrait suivre le même sort, tandis que le Livret d’épargne populaire (LEP), destiné aux ménages modérés, verrait son taux grimper à 1,9 %. Cependant, la réalité pourrait différer si le gouvernement choisit de ne pas suivre à la lettre les recommandations de la Banque de France, dont la décision est attendue autour du 15 janvier. L'inflation, bien qu'en ralentissement, demeure un enjeu déterminant.
Malgré une baisse potentielle, certains experts estiment que le taux resterait pourtant supérieur à l'inflation. Éric Dor a même avancé que des considérations politiques pourraient influencer le gouvernement, notamment en prévision des élections municipales. La crainte de l'impopularité liée à une nouvelle baisse pourrait le pousser à maintenir un taux plus élevé pour le LEP, flattant ainsi les attentes des épargnants.
En somme, alors que l’horizon de l’épargne française semble assombri, les décisions qui seront prises par le gouvernement dans les jours à venir pourraient bien redéfinir les attentes des millions d’épargnants qui comptent sur les produits réglementés pour leur sécurité financière.







