Des agriculteurs de toute la France se sont rassemblés à Paris pour faire entendre leurs voix, réclamant des mesures concrètes face à une situation jugée insoutenable. La FNSEA, le principal syndicat agricole, et la Coordination Rurale (CR) appellent à la mise en place d’une ‘loi spéciale’ visant une réforme immédiate du secteur, accompagné d’un moratoire sur les contrôles qui pèsent sur leur activité.
Les manifestants ont pris d'assaut des lieux emblématiques comme l’Arc de Triomphe et la Tour Eiffel, contournant ainsi les interdictions imposées par la préfecture de police. Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a cherché à alerter le Parlement sur l'urgence d'un créneau pour discuter de ces enjeux avant l'échéance de mars-avril. L’inquiétude est palpable, avec de nombreux agriculteurs ressentant une perte de confiance envers les décideurs politiques.
Les revendications incluent également la demande pour la suspension de l'application des normes françaises, jugées trop contraignantes. José Pérez, président de la CR du Lot-et-Garonne, a souligné : 'Il est temps que le gouvernement prenne position et s’engage sur des solutions concrètes.' De son côté, Bertrand Venteau, président de la CR, a exigé un moratoire sur les contrôles jusqu’à la prochaine élection présidentielle, affirmant que cette démarche serait simple à mettre en œuvre.
Les syndicats reprochent aux autorités de ne pas avoir pris suffisamment en compte leurs préoccupations lors des récents échanges. L’accord de libre-échange entre l’UE et les pays du Mercosur, qui doit-être voté à Bruxelles, suscite également l’opposition unanime des agriculteurs, craignant une concurrence déloyale. Selon le ministre des Relations avec le Parlement, Laurent Panifous, la France pourrait voter contre l’accord, même si cela la placerait en position minoritaire.
En réponse aux préoccupations des agriculteurs, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a mentionné quelques 'avancées', mais bon nombre des agriculteurs restent sceptiques, demandant des simplifications administratives plus significatives. Leur frustration est exacerbée par des annonces jugées insuffisantes et des promesses non tenues.
Alors que la préfecture avait suspendu les manifestations autour de certaines zones, les actions de la CR continuent de soulever des tensions. Une centaine de tracteurs a été définitivement bloquée par les forces de l’ordre, mais les agriculteurs ne baissent pas les bras, déterminés à poursuivre leur combat pour une agriculture plus juste et équitable.
Les prochaines semaines seront cruciales pour les discussions sur le budget, et les agriculteurs espèrent voir une réponse rapide de la part des autorités pour calmer les tensions croissantes dans le monde agricole.







