NEW YORK (AFP) – Nicolas Maduro a fait une entrée remarquée lundi dans une salle de tribunal new-yorkaise, affichant un air résolu et déclenchant des saluts du public. "Je suis innocent", a-t-il clamé, revêtu d'une chemise sombre au-dessus d'une combinaison orange de prison.
Le président vénézuélien déchu a répété que les autorités américaines l'avaient "kidnappé", se considérant comme un "prisonnier de guerre". Au cours d'une audience de 30 minutes, il a plaidé non coupable des accusations de trafic de drogue. Dans un contexte de tensions internationales, ce procès attire l'attention des médias du monde entier.
Parlant exclusivement en espagnol, Maduro a utilisé un interprète pour communiquer avec le tribunal. Armé de notes, il a suivi la procédure d'un regard concentré, cherchant à contrôler son image. Ce moment n’était pas seulement une audience judiciaire, mais aussi une tribune pour faire entendre sa voix contre le gouvernement américain.
Dans un témoignage passionné, il a déclaré : "Je suis le président de la république du Venezuela, ici kidnappé depuis le 3 janvier", se référant à son arrestation à Caracas. Le juge, Alvin Hellerstein, a dû le ramener à l'ordre en lui indiquant qu'il y aurait un moment approprié pour s'exprimer plus amplement.
À la fin de l’audience, un bref mais intense échange a eu lieu, lorsque un membre du public a accusé Maduro de ses crimes. Répliquant avec vigueur, il s’est désigné de nouveau comme un prisonnier de guerre avant d’être escorté hors de la salle.
Des supporters divisés
Son épouse, Cilia Flores, vêtue de manière semblable, était à ses côtés, tandis que plusieurs agents de police surveillaient la situation. À l'extérieur du tribunal, une dichotomie s'est installée entre partisans et opposants, chacun exprimant des opinions fermes.
Des supporters brandissaient des drapeaux vénézuéliens tout en lançant des slogans en faveur de Maduro, tandis que des opposants critiquaient la capture du président par les États-Unis. Sydney Loving, 31 ans, originaire de Minneapolis, a déclaré : "Je suis ici pour m'opposer aux guerres américaines. Cela ne fera pas du monde un endroit plus sûr".
Du côté adverse, Angel Montero, 36 ans, a exprimé sa satisfaction face à la situation : "C'est mon anniversaire, le meilleur cadeau que j'aie jamais eu".
Cette audience jette une lumière nouvelle sur la complexité de la situation politique au Venezuela et les dynamiques de pouvoir en jeu. Les experts restent partagés sur les conséquences possibles de ce procès, certains voyant une occasion pour Maduro de renforcer son image de victime, tandis que d'autres s'interrogent sur l'impact réel sur la politique intérieure du Venezuela.
Alors que le procès continue, le monde attend avec impatience la prochaine étape de ce drame judiciaire qui pourrait redéfinir la perception internationale du pays.







