La nuit dernière, plusieurs membres de l'ONG française Terre d’asile en Tunisie, accusés d'avoir « facilité l’entrée illégale et le séjour » de migrants, ont été libérés, marquant une étape significative dans le débat sur les droits humains en Tunisie. Parmi eux, Sherifa Riahi, ancienne directrice de l'ONG, avait passé plus de 20 mois derrière les barreaux.
Le comité de soutien de Riahi a confirmé la bonne nouvelle via les réseaux sociaux, diffusant même une vidéo montrant sa sortie de prison. La libération des membres de l'ONG a suscité des réactions énergiques et des soutiens de la part de diverses organisations des droits de l'homme, tant au niveau national qu'international. Human Rights Watch a souligné que cette décision pourrait être un point tournant pour le traitement des migrants en Tunisie, un pays devenu un point de passage crucial pour de nombreux réfugiés et migrants.
Ce dénouement judiciaire pose un enjeu crucial, notamment dans un contexte où la lutte contre les flux migratoires est souvent interprétée comme une atteinte aux droits fondamentaux des personnes en quête de sécurité. En effet, des experts comme Jean-Pierre Lemaire, sociologue à l'Université de Paris, affirment qu'il est essentiel de différencier entre l’humanitaire et l’illégalité. Selon lui, « aider un migrant ne devrait pas être criminalisé, car cela va à l'encontre des principes de solidarité et d'humanité ».
La situation actuelle en Tunisie est d’autant plus préoccupante avec des récents rapports d'abus et de violences à l'encontre des migrants. La libération des travailleurs humanitaires permet d'espérer un certain changement dans les logiques répressives qui prédominent actuellement. Cependant, la crainte d'une réaction de la part des autorités reste palpable, alors que les enjeux liés à l'immigration ne cessent de croître. Bien que la libération soit accueillie avec joie par plusieurs activistes, elle soulève également des questions sur l'avenir des droits des migrants dans la région.







