Les manifestations en Iran, désormais au dixième jour, se caractérisent par une répression accrue, particulièrement ciblant les jeunes. Des centaines de manifestants, incluant de nombreux mineurs, ont été arrêtés ou blessés alors que la mobilisation s’intensifie. Parmi les visages de cette résistance, on trouve Kimia Hadadian, 17 ans, et Amirhossein Karimpour, 16 ans, dont les portraits circulent sur les réseaux sociaux, attirant l’attention sur leur situation critique.
Selon Nazila Maroufian, une journaliste exilée en France, ces adolescents s'exposent à des violences inouïes. "Des enfants comme Sogand Mansouri, 14 ans, sont portés disparus alors qu'ils participaient à des manifestations pacifiques," constate-t-elle. "L'absence d'informations sur leur sort est alarmante. Nous ne pouvons qu’espérer qu'ils reçoivent le soutien nécessaire."
Les origines de ce mouvement social remontent à des grèves de commerçants à Téhéran, suivies par un durcissement des revendications politiques, demandant la chute de la République islamique. Les slogans qui résonnent dans les rues semblent refléter un ras-le-bol général face à l'hyperinflation et à la dégradation des conditions de vie, un sentiment partagé par de nombreux Iraniens.
Comme le rapporte Le Monde, des étudiants se sont eux aussi joints à la lutte, apportant leur soutien aux manifestants. La situation devient tragique, plusieurs mineurs ont été arrêtés, et des rapports indiquent des blessures sérieuses parmi les détenus. L’organisation Iran Human Rights (IHRNGO) alerte sur les conditions catastrophiques dans les prisons, où des adolescents comme Soroush Javidi, 17 ans, souffrent de graves blessures sans recevoir les soins appropriés.
La répression s'accompagne d'une escalade de la violence, des fusils d'assaut AK-47 étant utilisés par les forces de sécurité contre des manifestants. Le 3 janvier, des dizaines de personnes ont été blessées, et la colère populaire semble se cristalliser sur des scènes de résistance de plus en plus marquées. Dans plusieurs régions, les manifestants n’hésitent plus à s’attaquer aux miliciens pro-régime, comme le montrent des vidéos devenues virales, dépeignant une jeunesse qui ne craint plus la répression.
Le chef du pouvoir judiciaire, Gholamhossein Mohseni Ejeï, a réagi en disant qu'il n'y aurait aucune clémence envers les "émeutiers", tout en reconnaissant le droit de manifester. Ce discours témoigne d'une volonté de maintenir un contrôle strict sur le mouvement, alors que l’ayatollah Ali Khamenei, dans ses prises de parole récentes, semble légitimer la répression en désignant les manifestants comme des "agents de l'ennemi".
Il est important de surveiller l’évolution de la situation, car cette lutte pour les droits des jeunes Iraniens pourrait marquer un tournant significatif dans l’histoire récente du pays. L’arrestation d'adolescents et les violences qui en découlent mettent en lumière la brutalité du régime iranien face à la jeunesse qui s'éveille à la nécessité de revendiquer ses droits fondamentaux.







