Des routes bloquées, des convois de tracteurs en route vers Paris et des rassemblements devant des préfectures : les agriculteurs français intensifient leurs actions pour exprimer leur mécontentement, à l'approche des discussions prévues à Matignon. La Fédération Nationale des Syndicats d'Exploitants Agricoles (FNSEA) et la Confédération Paysanne ont été reçues en fin d'après-midi par le gouvernement, mais les agriculteurs estiment que les mesures annoncées jusqu’ici ne sont pas à la hauteur des défis qu’ils affrontent.
Arnaud Rousseau, président de la FNSEA, a déclaré sur TF1 qu'il existe une « incompréhension et défiance » envers les engagements gouvernementaux, soulignant que les agriculteurs nécessitent « des actes » palpables. Il a également averti que la perspective de la signature de l'accord de libre-échange UE-Mercosur pourrait engendrer des mobilisations encore plus importantes si des mesures ne sont pas prises rapidement pour protéger les agriculteurs européens de la concurrence accrue des importations.
Les Jeunes Agriculteurs, qui ont également été entendus par les autorités, prévoient un rassemblement à Strasbourg le 19 janvier si les négociations n’aboutissent pas. Les actions des agriculteurs, traditionnellement pacifiques, prennent cependant un tournant plus combatif, notamment avec la Coordination Rurale, qui s’insurge contre l’interdiction préfectorale des convois de tracteurs.
Bertrand Venteau, président de la Coordination Rurale, a affirmé sa volonté de « monter » à Paris, et a précisé que des agriculteurs de Corse ont déjà pris le ferry pour rejoindre la capitale. Cela fait suite à des jours de mobilisation où des routes et autoroutes ont été bloquées malgré les interdictions. Les tensions sont palpables, et les agriculteurs envisagent même de passer la nuit sur les barrages pour faire entendre leurs exigences.
Les mesures de contrôle des marchandises, mises en place à Calais par des agriculteurs sur les sorties du port, visent à attirer l’attention sur les inégalités de concurrence entre les produits locaux et ceux importés. La situation pourrait s’aggraver, surtout si les autorités restent inactives face aux demandes pressantes des agriculteurs, confrontés à des crises telles que la faiblesse des prix du blé et la flambée des coûts d'engrais.
En somme, alors que les discussions autour de l’avenir du secteur agricole se poursuivent, la mobilisation des agriculteurs s’annonce plus forte que jamais, face à des enjeux cruciaux pour la survie de leur activité.







