Donald Trump semble anticiper une résistance moindre de la part des dirigeants européens à ses ambitions concernant le Groenland. À l'approche de la réunion à Davos, en Suisse, il a exprimé son intention de discuter avec "les différentes parties" au moment où la tension autour de ce territoire danois autonome pourrait relancer les frictions commerciales entre les États-Unis et l'Europe.
Dans une déclaration audacieuse faite à des journalistes en Floride, Trump a confié : "Je ne pense pas qu'ils vont s'opposer beaucoup. Nous devons l'avoir." Son commentaire est survenu alors que les marchés boursiers européens avaient déjà subi une chute en réaction à ses propos.
Le président américain a ensuite affirmé sur son réseau social Truth Social que "le Groenland est impératif pour la sécurité nationale et mondiale. Il ne peut y avoir de retour en arrière". Cette position a été renforcée lors d'un échange téléphonique avec Mark Rutte, le secrétaire général de l'Otan, selon des sources proches de l'administration.
Dans un contexte où ses aspirations se heurtent à une vive opposition de l'Union européenne, Trump a brandi la menace d'imposer de nouvelles taxes douanières à plusieurs pays, dont la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne. En réponse, l'UE a promis de répliquer. Le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent, a mis en garde contre cette escalade, la qualifiant de "très mal avisée".
Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne, a insisté sur le respect de la souveraineté du Groenland lors d'une rencontre avec une délégation américaine au Forum économique mondial. Elle a affirmé que l'UE souhaite maintenir un dialogue constructif avec les États-Unis tout en se préparant à réagir si les menaces commerciales se concrétisaient.
Les propos de Trump ont également suscité des réactions au Groenland. Son Premier ministre, Jens-Frederik Nielsen, a affirmé que les pressions américaines ne modifieraient pas leur engagement envers l'autodétermination et la souveraineté. Les Groenlandais eux-mêmes, comme l'indiquent des citoyens interrogés à Nuuk, affirment que "le Groenland n'est pas à vendre".
Alors que le président français Emmanuel Macron prévoit une réunion extraordinaire pour discuter des déclarations de Trump, le chancelier allemand Friedrich Merz a exprimé son intention de rencontrer le président américain. De plus, le Danemark et le Groenland ont proposé la création d'une mission de surveillance de l'Otan pour l'île, soulignant leurs préoccupations en matière de sécurité.
Cette série d'événements met en lumière un moment crucial dans la diplomatie mondiale, où les ambitions géopolitiques des États-Unis s'opposent à la volonté affirmée d'Europe de préserver sa souveraineté. Les tensions autour du Groenland ne sont qu'un aspect des défis à venir dans les relations transatlantiques.







