Il y a un an, le collectif HelloQuitteX lançait un cri d'alarme en exhortant la population à déserter le réseau social X, détenu par Elon Musk, en raison de son présumé soutien à des contenus incitant à la haine et à l'extrême droite. Cet appel qui a coïncidé avec l'anniversaire de l'investiture de Donald Trump n'a, cependant, pas produit l'effet escompté. Aujourd'hui, le réseau affiche encore plus de 500 millions d'utilisateurs à travers le monde, consolidant ainsi sa position de leader dans le domaine du microblogging, loin devant ses concurrents comme Bluesky, qui peine à franchir la barre des 41 millions d'utilisateurs.
Selon l'analyse de Dominique Boullier, un spécialiste des cultures numériques et auteur du livre Déshumanité numérique, la présence de X demeure omniprésente dans l'esprit de nombreux utilisateurs, qui recherchent des plateformes réactives pour s'informer. Ce phénomène témoigne d'une dynamique complexe et d'une sorte de dépendance à cette plateforme, malgré les polémiques qui l'entourent.
Récemment, une nouvelle controverse a éclaté autour de Grok, une intelligence artificielle développée par X. Utilisée pour générer des images, elle a été critiquée pour avoir produit des montages inappropriés de femmes, ce qui a entraîné des suspensions de l'application en Indonésie et en Malaisie. Ces incidents soulèvent des questions sur les responsabilités éthiques des géants technologiques, alors que des régulateurs comme Anne Le Hénanff, ministre en charge de l'IA en France, expriment des préoccupations quant à la modération de contenu.
Tristan Mendès France, maître de conférences à l'université Paris Cité, souligne que la législation actuelle, notamment la section 230 du Communications Decency Act aux États-Unis, confère une protection excessive à ces plateformes, leur permettant d'éviter toute responsabilité pour le contenu qu'elles hébergent. Il appelle à une réforme pour que ces géants du numérique soient considérés comme des entités médiatiques ayant un rôle éditorial, et donc responsables de ce qu'ils publient.
Alors que l'Union européenne tente de contenir l'influence de ces plateformes, elle se trouve dans une position délicate face à la pression des États-Unis. Plusieurs experts s'accordent à dire que des mesures plus strictes sont nécessaires pour encadrer ces entreprises, qui, selon eux, deviennent des outils de propagation d'idéologies extrémistes.







