La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez, ancienne vice-présidente de Nicolás Maduro, a été invitée à visiter la Maison Blanche, selon une source proche du président américain. Cette visite marquerait le premier déplacement d'un dirigeant vénézuélien aux États-Unis en plus de deux décennies, hormis les participations à des réunions à l'ONU à New York.
Cette invitation, qui n’a pas de date précise, témoigne de la volonté de Donald Trump d'adopter une approche pragmatique face à la situation au Venezuela, où il a déjà réussi à établir des accords pétroliers et à obtenir la promesse de libération de prisonniers politiques.
Cependant, le président américain paraît vouloir maintenir un équilibre délicat en souhaitant également impliquer la cheffe de l'opposition, Maria Corina Machado, lauréate du prix Nobel de la paix, dans le processus de gouvernance. Cette double approche pourrait s'avérer bénéfique dans un contexte complexe.
Si la visite de Rodriguez, qui n'a pas encore été confirmée par le gouvernement vénézuélien, se réalise, elle marquera un tournant dans les relations entre les deux pays, qui se sont dégradées depuis l'ère de Hugo Chávez dans les années 1990. Le dernier dirigeant vénézuélien à avoir rencontré un président américain était Carlos Andrés Pérez, en 1990.
Nommée présidente intérimaire le 5 janvier, juste après l’arrestation spectaculaire de Nicolás Maduro par les forces américaines, Rodriguez est sous une pression croissante pour faire des concessions. Trump a été explicite en avertissant qu’il y aurait des conséquences si elle n’adhérait pas à ses demandes.
Rodriguez a déjà pris plusieurs engagements, y compris la signature d'accords sur les ressources pétrolières et la promesse de libérer plusieurs détenus politiques. Elle a également écarté Alex Saab, considéré comme un homme de l'ombre de Maduro, et a promis des réformes pour faciliter les investissements étrangers.
Les expulsions de migrants des États-Unis vers le Venezuela ont repris, et mardi, Rodriguez a annoncé un investissement de 300 millions de dollars, issus des ventes de pétrole aux États-Unis, pour soutenir le bolívar, qui continue de se déprécier. L’économie vénézuélienne, déjà en crise depuis 2018, dépend fortement des devises étrangères, complices de la guerre économique.
Malgré ces développements, Rodriguez et son gouvernement continuent de revendiquer la libération de Maduro et de sa première dame, Cilia Flores. Ils dénoncent ce qu’ils appellent « l'agression » américaine dans le pays.
Selon le politologue Benigno Alarcón, Trump semble conscient des erreurs passées, telles que l’intervention en Irak, qui ont créé un vide de pouvoir. « Les chavistes », en dépit d’être en minorité, continuent de contrôler toutes les institutions essentielles du pays, rendant les changements structurels difficiles sans leur participation.
Alors que les proches de prisonniers politiques attendent encore des nouvelles de libérations annoncées, seules 150 personnes sur plus de 800 ont bénéficié de mesures de clémence, selon des ONG. Diego Casanova de l'ONG Comité pour la libération des prisonniers politiques a exprimé sa déception concernant le non-respect des engagements pris par l'État.
Les familles, comme celle de Javier Tarazona, un défenseur des droits de l'Homme arrêté en 2021, attendent avec espoir la libération de leurs proches. « Nous continuons de travailler pour que Javier sorte rapidement », a déclaré son frère, témoignant de la lutte continue pour la justice et les droits humains au Venezuela.







