Cinq jours après l'investiture du président Mamadi Doumbouya, le gouvernement guinéen a annoncé sa démission. Cette décision marque un tournant crucial dans le paysage politique guinéen après quatre années de transition tumultueuse.
Dans un communiqué officiel, la présidence a confirmé que la démission a été acceptée et qu'une nouvelle formation gouvernementale devrait être annoncée dans les jours à venir.
Doumbouya, en tant que nouvel élu, a également signé un décret mettant fin aux fonctions de l'ancien Premier ministre, Amadou Oury Bah, ce qui illustre son intention de restructurer le gouvernement afin de mettre en œuvre sa vision politique.
Le chef de l'État a également promis de fixer la date des prochaines élections en février, une étape cruciale pour établir un avenir démocratique alors que le pays cherche à sortir d'une période de répression et de tensions.
Lors de son investiture, Mamadi Doumbouya a été accueilli en tant que président pour une durée de sept ans, ce qui a suscité des tensions, compte tenu de ses antécédents en tant que chef militaire. En effet, il avait pris le pouvoir par un coup d'État en septembre 2021, promettant initialement de retourner aux civils après une période de transition.
Le général Doumbouya a remporté les élections de décembre dernier avec 86,72 % des voix, mais celle-ci a été critiquée pour son manque de compétition, plusieurs opposants étant exclus du scrutin, selon des sources telles que Ouest-France.
Certains observateurs notent que durant la junte, les libertés publiques se sont considérablement restreintes. La répression des manifestations, des arrestations d'opposition et des disparitions forcées sont devenues monnaie courante, d'après des rapports de droits humains.
Toutefois, l'Union africaine a récemment annulé les sanctions qui frappaient la Guinée, saluant le déroulement de l'élection, ce qui laisse entrevoir une certaine reconnaissance internationale envers la nouvelle administration. Le Conseil paix et sécurité de l'UA a déclaré : « Décidé de lever la suspension de la participation de la République de Guinée aux activités de l’UA ».
À l’aube de cette nouvelle ère, la Guinée se trouve à la croisée des chemins, avec des doutes persistants sur le respect des délais électoraux et l'engagement à un processus démocratique véritable.







