Depuis son retour à la Maison Blanche en novembre 2024, Donald Trump n’a pas seulement suscité des inquiétudes, mais a plongé certaines opinions européennes dans une hostilité manifeste. Un sondage mené par Cluster 17 pour Le Grand Continent a révélé des résultats inquiétants pour la diplomatie américaine, avec plus de 51% des habitants de la France, de l’Italie, de l’Espagne, de l’Allemagne, de la Pologne, du Danemark et de la Belgique le considérant comme un « ennemi de l’Europe ».
Étrangement, seules 8% des personnes interrogées perçoivent Trump comme un ami, tandis que 39% le jugent « ni l’un ni l’autre ». En Pologne, le soutien semble encore exister (17%), tandis qu’en Espagne, le président américain est catalogué en ennemi par 58% des sondés. Ce climat de suspicion s’aggrave, avec 88% des Européens affirmant qu’il ne respecte pas les principes démocratiques. De nombreux avis convergent pour critiquer son style de gouvernance, le qualifiant d'« autoritaire » ou même de « dictateur ».
Sur le sujet délicat du Groenland, 84% des Européens considèrent ses récents commentaires comme « graves », et 81% déclarent qu'une intervention militaire américaine serait perçue comme un « acte de guerre ». Cette vision alarmante pousse 63% des sondés à se montrer favorables à l’idée d’un envoi de troupes européennes pour protéger la souveraineté de l’île, un chiffre qui grimpe à 61% en France.
Concernant la situation au Venezuela, il est intéressant de noter que 63% des sondés condamnèrent l’assaut sur la souveraineté du pays, jugé contraire au droit international. Ces inquiétudes alimentent un débat sur la stratégie à adopter vis-à-vis des États-Unis : 46% plaident pour une « opposition », tandis que 44% optent pour « le compromis ». À cet égard, les citoyens français affichent une préférence pour l’opposition à 52%.
Une vaste majorité (73%) des Européens pensent qu’il est temps pour leur continent de compter sur ses propres forces militaires, sans toujours s'appuyer sur le soutien des États-Unis. Un sentiment pessimiste prédomine, notamment en France, où 59% des sondés estiment que Trump fragilise l’Occident. La perception du dirigeant américain montre qu’il représente une menace plus pressante que celle de Xi Jinping, avec une note de 5,4 sur une échelle de 10, mais qui reste en dessous de Vladimir Poutine (6,9).
Ironiquement, une guerre ouverte contre les États-Unis semble être une préoccupation pour 21% des Européens, davantage que contre l'Iran (18%) ou la Chine (11%), bien qu'inférieure au level de peur envers la Russie (52%) ou les organisations terroristes (65%). Dans l'ensemble, 52% des personnes interrogées souhaitent maintenir une distance prudente entre les États-Unis et la Chine.
*Cette étude a été réalisée auprès de 7498 personnes dans sept pays de l’UE, du 13 au 19 janvier. Les échantillons sont représentatifs des populations sondées et ont été réalisés selon la méthode des quotas.







