L’Inde et l’Union européenne (UE) ont officiellement conclu, ce mardi 27 janvier, un accord de libre-échange tant attendu, le fruit de négociations s’étalant sur plus de 20 ans. Le Premier ministre indien, Narendra Modi, a exprimé sa satisfaction face à cet accord, le qualifiant de source de « nombreuses opportunités ».
Dans un contexte géopolitique incertain, cet accord représente une stratégie pour les deux parties afin de contrer la montée en puissance de la Chine et de s’adapter aux répercussions des tensions commerciales entre les États-Unis et d’autres nations. Modi a noté avec jubilation que « on dit dans le monde que c’est l’accord de tous les accords ».
Lors de son discours à New Delhi, en amont d’une rencontre avec le président du Conseil européen, Antonio Costa, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, Modi a souligné que ce pacte « couvre environ 25 % du produit intérieur brut (PIB) mondial », tout en affectant aussi un tiers du commerce international.
Les derniers détails ont été réglés au cours de négociations de dernière minute. L’accord promet de stimuler le commerce entre l’Inde et l’UE, avec une réduction des droits de douane dans plusieurs secteurs. En 2024, les échanges entre les deux entités ont déjà atteint 120 milliards d’euros en marchandises, une hausse impressionnante de 90 % en dix ans.
Bruxelles est particulièrement intéressée par le marché indien, le plus peuplé au monde, avec 1,5 milliard d'habitants et une croissance projetée de 8,2 % au dernier trimestre, comme le rapporte Le Monde.
Par ailleurs, le FMI prévoit que l’Inde pourrait, dès cette année, ravir à Japonaise la quatrième place parmi les plus grandes économies mondiales, une progression qui pourrait s’accélérer d’ici 2030.
Un partenariat stratégique
Pour New Delhi, l’Europe représente une source essentielle de technologies et d’investissements nécessaires pour renforcer son développement et créer de nouveaux emplois pour sa population. Ursula von der Leyen a insisté sur l'importance d'offrir un « niveau d’accès le plus élevé jamais accordé » au marché indien, promettant un doublement des exportations européennes.
En retour, l’Inde devrait ouvrir davantage ses portes aux voitures et vins européens, tout en bénéficiant d’un accès renforcé à l’Europe pour ses secteurs des textiles et des médicaments. Les deux parties envisagent également de signer un accord sur les mouvements de travailleurs saisonniers et d’échanges académiques, illustrant l’importance d’un partenariat renforcé.
Ursula von der Leyen a déclaré sur X que « l’Inde et l’Europe ont fait un choix clair : celui d’un partenariat stratégique », ajoutant que cela démontre qu’il existe « une autre voie possible pour un monde fracturé ».
Dans le domaine de la défense, l’Inde a diversifié ses achats militaires pour réduire sa dépendance historique aux armes russes, tandis que l’Europe cherche à faire de même par rapport aux États-Unis.







