Les autorités américaines ont annoncé ce lundi l'arrivée du porte-avions Abraham Lincoln au Moyen-Orient, une décision qui intensifie les tensions entre Washington et Téhéran. En réponse, l'Iran a mis en garde contre toute intervention américaine après les récentes violences ayant marqué un mouvement de contestation réprimé avec brutalité.
Depuis 18 jours, l'Iran est coupé d'Internet, rendant difficile le décompte des victimes. Selon des organisations de défense des droits humains, le bilan pourrait atteindre près de 6 000 décès, tandis que des enquêtes sont en cours sur des milliers d'autres possibles pertes, rapportent des sources de la presse française, telles que Le Parisien.
La semaine dernière, Donald Trump avait révélé l'envoi de ce qu'il a qualifié d'« armada » navale américaine dans le Golfe, afin de maintenir la pression sur l'Iran. Le PACOM (Commandement militaire américain) a affirmé que la présence du porte-avions visait à promouvoir la « sécurité et la stabilité régionales ».
Réactions iraniennes : un front uni contre l'agression
Ismaïl Baghaï, porte-parole du ministère des Affaires étrangères iranien, a affirmé que l’arrivée du porte-avions ne changera pas la détermination de l’Iran. Selon un haut responsable militaire, plutôt que de dissuader, la concentration de forces étrangères pourrait rendre ces dernières plus vulnérables. Cette thèse est appuyée par le commandant de la marine iranienne, Shahram Irani, qui a déclaré à l’agence Irna que la puissance navale de l'Iran est loin d'être uniquement défensive.
En réponse aux tensions, le Hezbollah libanais a également manifesté son soutien à l'Iran, son dirigeant Naïm Qassem évoquant les conséquences désastreuses d'une guerre contre la République islamique, qui embraserait la région entière.
Bilan tragique des manifestations
Après avoir émergé affaibli de la guerre de 2025 avec Israël, le pouvoir iranien a réprimé sévèrement les récentes manifestations, initiées par des commerçants face à la crise économique. En dépit du blocage de l'Internet, des ONG comme Netblocks soulignent que cette coupure ne vise qu'à masquer l'ampleur des violences contre les civils.
D’après Human Rights Activists News Agency (HRANA), le cumul des victimes pourrait être bien plus important que les chiffres fournis par le gouvernement. Ils évoquent à ce jour 5 848 décès confirmés, la plupart étant des manifestants. Les autorités iraniennes, quant à elles, ont affiché des bilans nettement inférieurs, suscitant des interrogations croissantes sur la vérité derrière ces chiffres.
Alors que la situation évolue, les experts s'accordent à dire que ces dires divergent fortement, renforçant la nécessité d'une transparence urgente. Amnesty International et d'autres organisations internationales craignent des violations supplémentaires des droits humains.







