Dans la capitale groenlandaise, Nuuk, Najannguaq Hegelund incarne le combat des familles groenlandaises qui ont perdu leurs enfants, victimes des interventions des services sociaux danois. Selon elle, cette situation relève d'une grande mécompréhension culturelle.
Méconnaissable pour certains, sur scène aux côtés du Premier ministre groenlandais lors d'une manifestation anti-Trump le 17 janvier, Najannguaq Hegelund, co-fondatrice de l'association Silva360, défend sa cause avec ardeur. "Les Groenlandais ne seront pas colonisés deux fois ! Cela suffit !" s’exclame-t-elle, faisant résonner la colère et le désespoir de ses congénères.
Le jour précédent, dans son appartement surplombant les pistes de l’aéroport de Nuuk, elle se confie avec une voix douce. Inquiète des retombées des tensions internationales, elle avoue avoir amassé des provisions. "Je scrute le ciel, redoutant un débarquement américain et accumulant des conserves. C'est une réalité inquiétante", confie-t-elle.
Bien que sa colère soit dirigée vers le président américain, Najannguaq la réserve surtout pour son ancien colonisateur. "Donald Trump a, d'une certaine manière, mis en lumière les injustices dont souffrent les Groenlandais. Une vérité que le Danemark a cachée longtemps", déclare-t-elle, résolue à continuer son combat.
Diplômée en sociologie et philosophie de l'université de Copenhague, elle a été profondément touchée en apprenant que des enfants groenlandais étaient enlevés à leurs parents. Selon l’Institut danois des droits humains, les Groenlandais risquent cinq fois plus de perdre leurs enfants que d'autres populations.
Les voix de Najannguaq et de son association continuent de porter l'espoir d'un futur meilleur pour les enfants et familles groenlandaises, un combat qui résonne comme un écho face à l’histoire coloniale récente.
Pour en savoir plus : Lire notre reportage sur le colonialisme danois au Groenland.







