La détresse des forces de l'ordre en Aveyron
À l'occasion d'une grande mobilisation nationale appelée par le syndicat Alliance Police Nationale, une délégation de policiers aveyronnais se rendra à Toulouse ce samedi. Leur objectif est de faire entendre leur mécontentement face à l'insécurité croissante et à l'abandon de leurs moyens. Comme le souligne Aurélien Charles, secrétaire départemental d'Alliance, « la sécurité est la priorité numéro un des Français. Nous ne manifestons pas contre quelqu'un, mais pour une cause : la sécurité et le respect de l'État de droit. »
Des effectifs en baisse, une pression croissante
Actuellement, la police en Aveyron fait face à une multitude de difficultés. « Nous manquons cruellement de moyens et d'effectifs, tout en étant soumis à une charge de travail toujours plus lourde », explique Aurélien Charles. Le constat est alarmant : environ 40% des véhicules de police sont obsolètes et nécessitent un remplacement urgent. De plus, le taux de démissions parmi les agents s'accroît, exacerbant un sentiment de désillusion au sein des rangs des forces de l'ordre.
À Rodez, la situation est particulièrement préoccupante avec seulement quatre agents à couvrir la sécurité de 50 000 habitants lors de certains quarts de travail. Face à un essor des délits tels que les trafics de stupéfiants et les violences domestiques, la pression sur ces policiers est à son comble. Selon des données récentes, les actes de délinquance pourraient augmenter de 14 % en 2024 sur la zone police, avec des conséquences alarmantes sur le moral des effectifs.
Des promesses insuffisantes pour des besoins concrets
Les réponses apportées aux doléances des policiers laissent peu d'espoir. Bien que le ministre de l'Intérieur ait promis des postes supplémentaires, ces annonces restent très en deçà des besoins réels. Dans un contexte où les ressources manquent à chaque niveau — des services administratifs aux unités de terrain —, les agents expriment leur exaspération. « On nous dit de tenir bon, mais cela ne suffit pas », témoigne un policier. Les commissariats de Rodez, Millau et Decazeville, englobant au total 240 fonctionnaires, ont besoin de renforts urgents, particulièrement dans l'investigation où le manque de personnel est palpable.
Une question de survie pour la sécurité publique
Le manque de moyens s'étend au-delà des forces de police et touche également le système judiciaire. À Rodez, la prison est déjà saturée, avec 240 détenus pour seulement 99 places. Cela rengendre une situation où les condamnés ne purgent pas leur peine, menaçant ainsi la sécurité publique.
Les alternatives de recrutement face à l’exil professionnel
Alors que les écoles de police sont pleines, la réalité sur le terrain est loin d’être rose. De nombreux policiers et gendarmes choisissent de quitter le métier, souvent pour des postes dans les polices municipales, lassés par leurs conditions de travail. Cette situation soulève une question troublante : « Pourquoi de plus en plus de mairies se dotent-elles de polices municipales ? »
La mobilisation de ce samedi à Toulouse devrait attirer l'attention sur la détresse croissante des policiers aveyronnais, qui ne demandent qu'une chose : des moyens pour garantir la sécurité des citoyens. Le dialogue entre l'État et ses forces de police est plus que jamais nécessaire pour préserver un climat de sécurité et de confiance.
Alliance Police Nationale, syndicat majoritaire dans la région Occitanie et au niveau national, fait entendre sa voix au-delà des murs des commissariats pour sensibiliser le public et les décideurs politiques.







