La récente vague de rappel de laits infantiles potentiellement contaminés par la céréulide suscite des inquiétudes parmi les familles, bien que les pharmacies en Corse jugent l'impact localisé. La situation est clairement différente sur le continent où la gestion des rappels fait l’objet de contestations juridiques.
Sur l'île, les pharmaciens, comme Sandrine Leandri, trésorière de l’URPS des pharmaciens de Corse, soulignent que les marques en question, telles que Guigoz et Gallia, se trouvent principalement dans les grandes surfaces. Elle précise que ces retraits « ne sont pas très importants pour les officines », où les achats de lait infantile sont souvent plus occasionnels.
Cependant, le manque d'informations directes préoccupent : « On est souvent informé par la presse plutôt que par nos instances », constate Paule Duchaud-Lucchini, présidente du syndicat des pharmaciens de Corse-du-Sud.
Peu de lots concernés, mais une inquiétude diffuse
Les responsables de pharmacie, comme Isabelle Brizi-Muracciole à Borgo, notent un changement dans les habitudes d'achat. « Il y a énormément de mamans qui allaitent et une baisse de la natalité. Le lait infantile, on en vend moins qu’il y a quelques années ». Dans le centre de Bastia, le Dr Jean Rousseau émet le même constat, assurant qu’aucun rappel n’a été effectué chez lui. Il rappelle aux parents de consulter un médecin si des symptômes digestifs apparaissent après consommation d'un lot suspect.
Les familles, qu'elles utilisent ou non du lait en poudre, expriment leurs craintes face à cette crise. Certaines avouent redouter de « se tromper de marque » ou de « ne plus savoir quoi acheter ». Un jeune père, soucieux de la santé de son enfant, a opté pour du lait de chèvre, qu'il considère « plus nutritif ». Il s'appuie sur des pratiques anciennes de lait de chèvre utilisées antérieurement lorsque la mère n'avait pas suffisamment de lait.
Dans les supermarchés, un affichage clair et un retrait immédiat
Les grandes surfaces, plus exposées que les pharmacies, appliquent rigoureusement une procédure nationale, intégrant un retrait immédiat des produits concernés et un affichage clair à l’accueil. Des supermarchés, comme Leclerc, informent les clients sur les produits rappelés et encouragent les retours.
Les parents sont donc priés d'arrêter l'utilisation, de conserver les emballages, et de consulter les instructions de retour.
Des experts, précisent que les symptômes liés à la toxine peuvent apparaître rapidement : vomissements, diarrhées, et parfois une fièvre modérée.
Une procédure en urgence après deux décès de nourrissons sur le continent
À l’échelle nationale, la crise s’est intensifiée. Deux enquêtes ont été ouvertes suite à la mort de nourrissons ayant consommé du lait concerné. L'Association pour la Santé des Enfants a d’ores et déjà engagé des actions juridiques, soutenant que « nous sommes face à une défaillance majeure de l’État ». Son président, Quentin Guillemain, critique : « Les retraits ont été tardifs et fragmentés. La réponse acceptable doit être un retrait immédiat ».







