A moins de deux mois des élections municipales, l'association des maires de la Corse-du-Sud exprime ses préocupations quant aux défis pressants auxquels font face les élus locaux. Sécurité, urbanisme, gestion des ressources naturelles : le fardeau est lourd pour les dirigeants des petites communes, qui se sentent isolés, comme l'indique Jean-Jacques Ciccolini, le président de l'association. « Les maires de petites communes se voient de plus en plus laissés à eux-mêmes », souligne-t-il.
Les maires dénoncent notamment un nouveau règlement d'aides qui menace d'amoindrir leurs budgets, et ils demandent instamment la création de pôles ruraux bénéficiant de financements adéquats. Ces structures permettraient aux communes de collaborer sur des projets communs, un élément vital pour leur survie économique.
Dans cette optique, Jean-Jacques Ciccolini met en exergue la nécessité de réformer les mécanismes de soutien provenant de l'État. « Les communes agissent souvent comme des variables d'ajustement dans le jeu politique entre l'État et la collectivité de Corse », déclare-t-il, faisant écho à la frustration ressentie par de nombreux élus.
Jean Alfonsi, maire de Serra-di-Ferro, renchérit : « Il y a des lourdeurs administratives ». Il souligne que même pour des projets modestes, le traitement peut prendre des années, éreintant ainsi les volontés locales d'avancer. À cela s'ajoutent des contraintes législatives multiples. « Les lois concernant le littoral et la montagne sont disjointes et souvent inadaptées à notre contexte », ajoute Ciccolini.
Les inquiétudes ne s'arrêtent pas à l'administration : Antoine Versini, maire de Cristinacce, rappelle que « le rural c'est l'âme de la Corse » et insiste sur le besoin d'accompagner le pastoralisme. « Si nous ne prenons pas les mesures adéquates, dans dix ou quinze ans, la situation pourrait être irréversible », affirme-t-il.
A l'approche des élections, les maires sont préoccupés par l'avenir de la ruralité. « Comment attirer de jeunes élus dans un contexte si difficile ? », s'alerte Jean-Jacques Ciccolini, soulignant un risque majeur pour la vitalité de la démocratie locale.







