Dans une déclaration révélée ce lundi 26 janvier, Claire Hédon, la Défenseure des droits en France, soulève de sérieuses préoccupations concernant l'utilisation inappropriée d'armes par les forces de l'ordre à l'encontre des migrants tentant de traverser la Manche. Elle souligne que cette pratique, dans certains cas, est en contradiction avec la législation en vigueur.
Dans son rapport, Hédon constate un renforcement des « atteintes à la dignité » des migrants. Elle rappelle que le traitement des étrangers par les autorités n'est pas un phénomène nouveau, mais qu'un « glissement » inquiétant s'est opéré depuis 2021. En effet, une analyse des traitements réservés aux personnes fuyant des conditions précaires révèle des tendances dangereuses. Cette situation est corroborée par des déclarations de Le Monde.
L’utilisation d’armes est contraire aux obligations de discernement
Hédon a précisé que l’usage d’armes telles que les pistolets à impulsion électrique ou les lanceurs de balles de défense est en contradiction avec le principe de discernement, essentiel dans le recours à la force. Selon elle, ces dispositifs, bien que souvent justifiés dans des situations de légitime défense, peuvent provoquer des blessures graves, en particulier chez les populations vulnérables.
Elle a également fait appel à l'Agence France-Presse pour souligner l'importance d'une réglementation stricte et d’un recours proportionné à la force. « Les agents des forces de l’ordre doivent respecter un cadre légal qui privilégie une approche contenue et réfléchie », a-t-elle déclaré.
Recommandations pour une meilleure transparence
Pour remédier à la situation, elle recommande une obligation de rendre compte par écrit de tout usage d'armes et un rappel des responsabilités incombant aux policiers en matière de transparence. En outre, elle a souligné le manque de vidéo-surveillance, pointant que de nombreux agents ne déclenchent pas leurs caméras-piéton, ce qui entrave la traçabilité des interventions.
Destruction d’embarcations : un cadre flou
Sur la question de la destruction des embarcations, Hédon a émis des réserves, estimant que cette pratique, bien qu’elle puisse être justifiée par des raisons de sécurité, est insuffisamment encadrée. Elle fait appel à la nécessité de clarifier les critères permettant de justifier ces destructions, et de proscrire l’utilisation d’armes dans le but d’éloigner les personnes de la mer.
La situation des migrants à travers la Manche est devenue un sujet brûlant de débat public, nécessitant une attention accrue et un traitement respectueux de la dignité humaine, un principe fondamental de nos démocraties.







