A un mois de la date limite pour le dépôt des candidatures, le tableau des choix électoraux commence à se dessiner et il apparaît que bon nombre de communes corses sont marquées par un manque flagrant d'opposition. Dans les trois plus grandes villes de l'île, la compétition semble s'intensifier avec plusieurs listes en lice. En revanche, dans des zones rurales, beaucoup de communes semblent être sur le point d'élire sans rivalité.
En effet, dans presque toutes les 360 communes corses, les élections municipales s'annoncent déjà décisives dès le premier tour, prévu le 15 mars. Que ce soit avec seulement deux listes ou, dans certains cas, une unique liste se présentant, généralement celle de la majorité sortante, il en résulte que le débat démocratique semble se limiter, en particulier dans des localités de plus de mille habitants. Dans des villes comme Borgu, Lucciana, et Furiani en Haute-Corse, ainsi que Bonifacio et Figari en Corse-du-Sud, la situation est criante, avec une seule liste souvent en course. Les candidats potentiels ont toutefois jusqu'au 26 février pour manifester leur intention.
Des enjeux compliqués par une réforme récente
Pourquoi cette tendance en forte augmentation ? D’une part, dans les petits villages, il est traditionnellement ardu de réunir des volontaires pour constituer une liste. La petite taille des communautés implique souvent un manque d’enjeux politiques palpables. De plus, la récente réforme qui a interdit le panachage et imposé la parité homme-femme dans les communes de moins de mille habitants semble avoir compliqué la situation pour le recrutement des candidats.
Un nouveau statut pour attirer les élus locaux
Dans les communes plus importantes, telles que celles aux alentours d'Ajaccio ou Bastia, la fonction de maire peut effrayer. Être à la tête d'une commune implique une grande responsabilité et des défis administratifs considérables. À l'échelle nationale, le phénomène est préoccupant : depuis les élections municipales de juin 2020, environ 2400 maires ont démissionné et plus de 57,000 sièges de conseillers municipaux restent vacants.
Pour tenter d’inverser cette dynamique, le 8 décembre 2025, le Parlement a mis en place un statut de l'élu local. Cette nouvelle législation vise à rendre les mandats locaux plus attractifs, en augmentant les indemnités de fonction et en facilitant le retour à la vie professionnelle des élus. Bien que cette initiative ait reçu un accueil favorable de la part de certains maires, il persiste un profond sentiment de défiance vis-à-vis de la classe politique, laissant planer le doute quant à son efficacité.
Il sera donc intéressant de suivre l'évolution de cette situation jusqu'aux élections, d'autant plus qu'elle reflète une crise démocratique plus large. Les Corses seront-ils en mesure de renouveler leur engagement collectif pour la démocratie locale ? Seules les semaines à venir le diront.







