Cette initiative a été introduite en pleine guerre à Gaza comme un projet de paix « historique » dont l'objectif est de négocier un cessez-le-feu durable et de structurer l'après-guerre à Gaza. Le Board of Peace, comme l'a baptisé Trump, a fait son apparition le 22 janvier lors d'une cérémonie largement médiatisée à Davos, en marge du Forum économique mondial.
La question demeure quant à savoir si ce conseil constitue un véritable outil de négociation ou simplement un instrument de communication à l'image du président américain. Pour l'heure, il ressemble à une diplomatie transactionnelle, centrée sur des intérêts individuels. Comme l'ont souligné des analystes de Le Monde, ce dispositif pourrait déstabiliser l'ordre mondial existant.
Une initiative floue et transactionnelle
En vérité, le lancement du conseil à Davos reflète davantage un show politique qu'une proposition tangible. La nature exacte du conseil — qu'il soit une institution internationale ou un forum informel — reste vague, laissant planer l'incertitude quant à son efficacité réelle.
Trump aborde la paix d'une manière profondément commerciale. Lors du lancement, il a évoqué la reconstruction de Gaza avec un langage qui rappelle les promoteurs immobiliers, diffusant même des images d'une Gaza idéalisée par l'IA. Cela soulève des interrogations sur la nature politique de cette paix, réduite à un projet économique.
Une remise en cause directe de l'ordre international
Avec près de soixante États invités à participer, la composition du conseil est problématique. Parmi les pays concernés figurent des régimes autoritaires, comme la Turquie et le Qatar, ce qui remet en question la légitimité du projet. La Russie a été invitée mais n'a pas encore confirmé son adhésion, ajoutant une couche d'ambiguïté.
Le conseil établit une continuité dans l'érosion des normes et institutions diplomatiques établies. Les États-Unis semblent privilégier des arrangements personnels ad hoc au détriment de mécanismes collectifs basés sur le droit international, comme l'évoque une analyse publiée par l'ONU.
Une Europe méfianceuse
En Europe, l'initiative rencontre un scepticisme prononcé. Des pays comme la France et l'Allemagne ont exprimé leurs réserves, considérant le conseil comme une menace pour les institutions présentes. Ce n'est pas qu'un désaccord tactique, mais un rejet d'un modèle diplomatique qui pourrait par ailleurs aggraver la fracture transatlantique.
Les alliés traditionnels des États-Unis, tels que le Canada, ont également été mis à l'écart, le Canada ayant même vu son invitation révoquée unilatéralement, mettant en lumière l'arbitraire qui entoure la composition du conseil.







