Le ministre américain des Finances a averti dimanche que les produits canadiens pourraient être confrontés à une surtaxe de 100 % aux États-Unis si Ottawa choisit de signer un « accord de libre-échange » avec Pékin. Ce commentaire a fait suite aux déclarations du président Donald Trump, qui a également mis en garde contre l'imposition de « droits de douane à 100 % » sur les importations canadiennes en réponse à un tel accord.
La semaine précédente, le Canada a signé un « accord commercial préliminaire » avec la Chine, selon le Premier ministre Mark Carney, visant à faciliter le commerce et à réduire certaines barrières tarifaires. Cet accord inclut notamment des dispositions pour l'importation de 49 000 véhicules électriques chinois avec des droits de douane réduits à 6,1 %.
Scott Bessent, le ministre des Finances, a souligné que si le Canada approfondissait ses relations commerciales avec la Chine, cela pourrait entraîner l'application de cette surtaxe. « Nous ne pouvons pas laisser le Canada devenir un point d'entrée pour les produits chinois à bas prix en Amérique du Nord », a-t-il exprimé lors d'une interview à ABC.
Une situation délicate pour Ottawa
En réaction, le ministre canadien Dominic Leblanc a insisté sur le fait que le Canada ne cherche pas à encadrer un « accord de libre-échange avec la Chine », déclarant que des progrès avaient été réalisés sur plusieurs questions tarifaires importantes. Sur les réseaux sociaux, Trump a aussi critiqué l'influence croissante de la Chine sur le Canada, qualifiant cette situation de « triste à voir ».
Bien que les tensions entre les deux pays soient palpables, la majorité des exportations canadiennes restent protégées par l'accord de libre-échange nord-américain. Les experts s'interrogent sur l'équilibre que devra trouver le Canada face aux pressions américaines tout en maintenant ses intérêts économiques vis-à-vis de la Chine.
À l'approche de la renégociation annoncée de cet accord cet été, l'avenir des relations commerciales entre le Canada, les États-Unis et la Chine demeure incertain. Les analystes préviennent que les décisions d'Ottawa devront être soigneusement pesées pour éviter une escalade des tensions commerciales.







