Un tribunal de Séoul a récemment rendu un verdict sévère à l'encontre de l'ex-première dame, Kim Keon Hee, la condamnant à 20 mois d'emprisonnement pour corruption, alors que son mari, le président Yoon Suk Yeol, est actuellement derrière les barreaux pour des affaires liées à une tentative de loi martiale en 2024.
Le juge Woo In-sung a précisé que « la prévenue est condamnée à un an et huit mois d'emprisonnement » pour les accusations de corruption, tandis que des charges telles que la manipulation boursière et les violations des lois sur le financement des campagnes électorales ont été rejetées.
Le parquet avait précédemment demandé jusqu'à 15 ans de prison, soulignant la gravité des accusations qui pèsent sur Kim, âgée de 53 ans, et qui ont terni l'image de la présidence de son époux. Yoon Suk Yeol attend aussi l'issue de plusieurs procès potentiellement très graves, dont l'un d'eux, lié à la loi martiale, pourrait aboutir à une peine de mort.
Accusée de collusion avec l'Eglise de l'Unification, Madame Kim se voit impliquée dans plusieurs scandales, notamment avoir reçu des dons d'une valeur totale de 170 000 euros. En octobre 2023, un pasteur l'a piégée en l'enregistrant en train de recevoir un sac à main Dior coûteux, ce qui a ajouté au tumulte entourant sa réputation.
Les procureurs ont décrit Kim comme ayant « abusé de sa position » et comme étant « au-dessus des lois », provoquant un débat profond sur le rapport entre la politique et la religion en Corée du Sud. L'ex-première dame a exprimé son innocence, qualifiant les accusations à son encontre de « profondément injustes », tout en reconnaissant avoir causé des troubles du fait de son statut.
En parallèle, son mari a fait face à des difficultés politiques majeures, avec une déroute électorale de son parti survenue après des tentatives avortées d'enquête sur sa femme. Cette affaire a même contribué à la défaite cuisante de son parti lors des élections législatives en avril 2024.
Le procès de Kim Keon Hee survient alors qu'un autre ancien collaborateur de Yoon, l'ex-Premier ministre Han Duck-soo, a été condamné à 23 ans de prison pour complicité dans l'affaire de la loi martiale. Cela souligne l'ampleur des répercussions de ce scandale sur l'ensemble du paysage politique en Corée du Sud.







