Des utilisateurs des réseaux sociaux, proches de l'Alliance des États du Sahel, ont commencé à propager l'idée qu'un ancien militaire français avait été abattu lors de l'attaque contre l'aéroport de Niamey, au Niger, fin janvier 2026. Pour étayer cette thèse, ils diffusent un prétendu portrait du militaire, qui s'avère être une création d'intelligence artificielle.
Dans la nuit du 28 au 29 janvier 2026, l'aéroport international de Niamey a été la cible d'une offensive menée par un groupe jihadiste. Ce site abrite également des forces militaires nigériennes et des unités de l'Africa Corps, relevant du ministère russe de la Défense. Suite à cette attaque, le général Abdourahamane Tiani, chef d'État du Niger, a accusé la France, la Côte d'Ivoire et le Bénin d'être derrière cette opération, qu'il qualifie de menée par des mercenaires.
Le 2 février 2026, le groupe État islamique au Sahel (EIS) a revendiqué l'attaque, en publiant une vidéo montrant la destruction de plusieurs avions militaires dans l'aéroport. Malgré cette annonce, une rumeur persistante parmi les sympathisants du général Tiani évoque la mort d'un Français parmi les assaillants.
Un portrait généré par IA
D'après divers sources et des médias pro-AES présents sur les réseaux sociaux, le prétendu Français décédé aurait été "un ancien militaire à l'ambassade de Niamey". Pour faire croire à cette histoire, ils partagent une image du militaire supposé, bien que ce portrait soit en fait généré par IA.
Cependant, cette affirmation s'avère trompeuse. Les anomalies visuelles dans le portrait, telles que des boutons mal formés ou manquants sur la chemise, trahissent son origine artificielle. Les générateurs d’images par IA ont souvent du mal à reproduire des détails précis.
De plus, des divergences émergent parmi les internautes concernant les circonstances entourant ce militaire. Certains évoquent un dernier appel du téléphone du militaire provenant de Côte d'Ivoire, alors que d'autres affirment que cet appel serait en fait venu du Bénin. Ces incohérences créent encore plus de confusion dans cette histoire déjà perturbante.
Cette forme de désinformation n'est pas un phénomène récent. Dans le passé, le général Tiani a également faussement déclaré que "des milliers de soldats français avaient débarqué au Bénin", une déclaration rapidement démentie. En janvier dernier, la Côte d'Ivoire avait également convoqué l'ambassadrice du Niger pour protester contre les accusations de Tiani, qui avait aussi pointé du doigt le président ivoirien, Alassane Ouattara, comme étant un "sponsor" des jihadistes.







