Le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, connu sous le nom de Centcom, a confirmé, le 13 février, l'achèvement d'une opération de transfert de détenus soupçonnés d'appartenir au groupe terroriste État islamique depuis la Syrie vers l'Irak. Ce transfert, qui s'inscrit dans le cadre d'une stratégie de sécurité plus large, a vu plus de 5 700 hommes adultes transférés dans des établissements pénitentiaires irakiens.
Ce mouvement de prisonniers a été justifié par des préoccupations sécuritaires, ces individus ayant été précédemment sous la garde de combattants kurdes syriens, forcés de céder du terrain face à l'armée syrienne. Le Centcom a souligné que cette opération vise à « garantir la sécurité des détenus de l'EI dans les centres de détention ».
Selon des déclarations d'experts relayées par Le Monde, les États-Unis avaient prévu de transférer environ 7 000 détenus en tout. L'amiral Brad Cooper, à la tête du Centcom, a exprimé sa gratitude à l'équipe interarmées pour avoir mené à bien « cette mission exceptionnellement complexe ».
Procédures judiciaires en Irak
La justice irakienne a confirmé l'ouverture de nouvelles procédures judiciaires contre ces détenus. Auparavant, les tribunaux irakiens avaient néanmoins été critiqués par les défenseurs des droits de l'homme pour avoir prononcé des condamnations à mort et des peines de réclusion à perpétuité dans des affaires liées à l'EI, souvent basées sur des aveux obtenus sous la contrainte.
Les autorités de Bagdad, en collaboration avec Washington, ont appelé les pays d'origine des détenus étrangers à procéder à leur rapatriement, mais se heurtent à une certaine réticence de la part de plusieurs gouvernements, en particulier européens.
En 2014, l'EI avait pris le contrôle de vastes régions de Syrie et d'Irak, commettant de nombreuses atrocités, dont l'esclavage sexuel. Grâce à une coalition internationale, l'Irak a déclaré avoir vaincu le groupe terroriste en 2017, suivi par les Forces démocratiques syriennes qui ont infligé une défaite à l'EI en 2019. Ces dernières ont par la suite emprisonné des milliers de membres présumés du groupe, ainsi que des proches dans des camps dédiés.







