Près de 1 400 riverains d'une usine chimique 3M située à Zwijndrecht, près d'Anvers, affrontent le géant américain devant la justice belge. Ce procès, qui débute mardi, vise à obtenir des compensations pour les effets néfastes des substances chimiques PFAS, connues pour leur persistance dans l'environnement. Ces substances, utilisées dans divers produits, affichent des risques potentiels pour la santé, allant de l'augmentation du cholestérol à divers cancers.
Ce scandale s'est intensifié depuis 2021, lorsqu'une campagne de prélèvements effectuée durant des travaux routiers a révélé une pollution préoccupante des eaux et sols à proximité de l'usine. Une étude menée par des chercheurs wallons a confirmé des concentrations alarmantes de PFOS - un des composants des PFAS - dans le sang de nombreux habitants, soulignant l'ampleur du problème.
Le procès prévu se déroulera sur trois jours et mettra en avant les plaintes des riverains, qui exigent que 3M soit reconnu responsable de préjudices environnementaux considérables. L'avocat représentant le collectif, Geert Lenssens, souligne l'importance de cette action pour la reconnaissance des maladies à long terme, évoquant le dilemme des victimes de l'amiante : "Cela peut prendre plusieurs décennies avant qu'une maladie ne se manifeste."
3M, qui assure ne plus produire de PFAS depuis 2024, a également annoncé sa participation à des opérations de dépollution des sols, suite à un accord avec les autorités flamandes. En juillet 2022, un compromis a été trouvé, promettant près de 500 millions d'euros pour remédier à l'impact environnemental de l'usine.
Les enjeux de ce procès vont au-delà de simples indemnités financières. En effet, la dévaluation possible des biens immobiliers et l'impact sur la qualité de vie des plaignants sont préoccupants. "Le juge doit prêter une oreille attentive à cette problématique", insiste Lenssens. Une décision est attendue dans le mois suivant les trois jours d'audience, alors que la communauté internationale observe avec attention cette affaire emblématique.
Ironie du sort, le collectif de plaignants s'est nommé "Darkwater3M", en référence à un film qui relate une bataille judiciaire similaire contre la contamination de l'eau potable aux États-Unis. Cela rappelle l'importance cruciale de la justice environnementale dans notre société.







