Transport réduit à l'essentiel
A Cuba, un pays de 9,6 millions d'habitants, la situation se détériore rapidement. La vente de diesel est désormais suspendue et l'essence est strictement rationnée. Les automobilistes sont limités à 20 litres d'essence, obtenus via une application qui peut prendre des mois à s'actualiser.
Le transport en commun est en forte diminution, et les prix des quelques taxis survivants à La Havane ont doublé, sans parler des triporteurs électriques, devenus rares. "On vit des temps difficiles", raconte Yixander Diaz, un maçon de 27 ans. Pour travailler, il parcourt les rues à vélo, transportant ses outils sur son vélo, après avoir dû abandonner son métier de chauffeur de taxi pour subvenir aux besoins de sa famille.
Emplois en péril
Pour soulager la crise, le gouvernement a assuré le maintien des salaires d'État pendant un mois, mettant en place le télétravail et une semaine de quatre jours. Toutefois, ce ralentissement économique frappe durement les petites entreprises et les travailleurs informels. Alexander Callejas, 49 ans, gardien de voiture, admet qu'il peut perdre son emploi à tout moment : "Je ne sais pas comment je ferai pour nourrir ma famille," déclare-t-il, ressentant déjà la baisse de fréquentation des clients.
Une étude d'Auge, un cabinet cubain, révèle que 96,4% des petites et moyennes entreprises souffrent d'une pénurie de carburant. Face à cette réalité accablante, les voix s'élèvent pour dénoncer la précarité de l'emploi.
Coupures d'électricité persistantes
La production de brut dans le pays peine à soutenir le fonctionnement des centrales électriques, et le manque de diesel entraîne des pannes fréquentes. Durant les six premières semaines de 2026, la disponibilité d'électricité a diminué de 20%, selon des données officielles. Néanmoins, une lueur d'espoir : la production d'énergie solaire a augmenté de 42,3%, offrant un léger répit aux habitants.
Dans un quartier de La Havane, Eduardo, résigné, attend le retour du courant pour cuisiner. "On a des coupures tous les jours", se plaint-il.
Flambée des prix
La hausse des coûts du carburant exacerbe la situation, les prix des produits alimentaires fléchissant à la hausse, touchant les denrées de première nécessité, dont 80% sont importées. Luis Amauri Morales, un vendeur ambulant de fruits et légumes, constate chaque jour la flambée des prix. "La crise pourrait dégénérer", redoute-t-il.
Avec une pénurie de produits sur le marché, certains magasins ferment leurs portes rapidement. Yordan Gonzalez, 20 ans, vendeur dans un kiosque, affirme que la marchandise se fait rare, alimentant ainsi un cycle de pénurie et d'inquiétude. Au port de Mariel, les conteneurs s'accumulent, incapables de trouver preneur, rappelant l'urgence d'une situation critique.
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