Berlin (AFP) – Dans un ancien bunker nazi devenu un musée, une exposition permanente dédiée à la guerre en Ukraine a ouvert ses portes mardi, marquant le quatrième anniversaire de l'invasion russe. L'objectif est clair : promouvoir un soutien continu à Kiev.
Le Berlin Story Bunker présente des objets trouvés sur le front, des armes et des récits de témoins pour informer le public sur « la réalité concrète » de la guerre, a indiqué Wieland Giebel, le conservateur du musée.
Ce nouvel espace consacré à l'Ukraine s'ajoute à une exposition permanente dédiée au nazisme et à l'Allemagne depuis 1945, attirant davantage de touristes que de Berlinois. M. Giebel souligne : « Les visiteurs en Allemagne ne parviennent pas toujours à saisir l'ampleur de la guerre ; notre but est de les éveiller à cette réalité », devant l'imposante entrée du bunker construit en 1943 pour résister aux bombardements des Alliés.
En tant que premier fournisseur européen d'armements à l'Ukraine, l'Allemagne joue également un rôle capital en hébergeant près de 1,3 million de réfugiés ukrainiens depuis le début du conflit.
Bouclier européen
Malgré cela, les livraisons d'armes divisent l'opinion publique, dans une société influencée par un fort héritage pacifiste de l'après-guerre. La population allemande fait face à une montée de l'extrême droite avec des partis comme l'Alternative pour l'Allemagne, pro-russe. Après quatre ans de conflit, 35 % des Allemands se montrent hostiles à un accroissement du soutien militaire à l'Ukraine.
Le chancelier Friedrich Merz avertit toutefois ses compatriotes : « Si l'Ukraine succombe, la Russie cherchera à conquérir le reste de l'Europe. » À cet égard, il a lancé un vaste programme de réarmement pour renforcer la Bundeswehr, la plus grande armée conventionnelle européenne.
Wieland Giebel insiste sur l'importance de maintenir le soutien à l'Ukraine, y compris par des livraisons d'armes, notamment antiaériennes. Ce musée a pour but de sensibiliser davantage le public.
Lors du vernissage, Hanna Maliar, ancienne vice-ministre ukrainienne de la Défense, a salué « le soutien militaire, politique et culturel » de l’Allemagne, ajoutant que « l’Ukraine est le bouclier de l’Europe ». Dans les salles de l'exposition, des poupées folkloriques côtoient des figurines du président ukrainien Volodymyr Zelensky en tenue de combat.
Un élément marquant de l'exposition est la suspension de vingt épaves de drones russes, qui rappellent l'impact dévastateur du conflit. Une voiture, endommagée par une bombe et provenant de Kherson, ville du sud de l'Ukraine récemment reconquise par Kiev, occupe également une place centrale dans la présentation.
Les voix des survivants créent un lien émotionnel, comme celle de Roman Schwarzman, qui déclare : « Hitler voulait me tuer car je suis juif, Poutine veut me tuer car je suis Ukrainien. » Les panneaux explicatifs situent la guerre en Ukraine dans un cadre historique plus vaste, l'associant à l'expansionnisme russe et à d'autres conflits, tels que l'invasion de la Pologne par l'URSS en 1939.
Ce musée, qui avait déjà attiré l'attention en exposant un char détruit devant l’ambassade de Russie lors du premier anniversaire de la guerre, s'intègre à une série d'initiatives culturelles qui promeuvent la culture ukrainienne à Berlin. La ville, riche de musées et de mémoriaux liés à la Seconde Guerre mondiale et à la Shoah, a également vu un ancien musée germano-russe retirer le drapeau russe pour hisser celui de l'Ukraine.
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