La compositrice française Eliane Radigue, un pilier du minimalisme et de la musique électronique, a tiré sa révérence le 23 février à Paris, à l'âge de 94 ans. C'est sa famille qui a partagé cette triste nouvelle avec l'AFP le lendemain.
Établie à Paris en 1932, Radigue commence dès son jeune âge à explorer les frontières du son. Sa carrière prend un tournant en 1955 lorsqu'elle intègre le Studio d'Essai sous la direction de Pierre Schaeffer, pionnier de la musique concrète. Dans cet espace expérimental, elle fait figure d'exception parmi les rares femmes à s'affirmer comme compositrice.
Elle collabore également avec Pierre Henry, une autre grande figure de la musique électroacoustique, pour son œuvre emblématique Apocalypse de Jean en 1968. Radigue réussit à se frayer un chemin dans un milieu majoritairement masculin, défiant ainsi les normes de l'époque.
Une carrière internationale et l’exploration des synthétiseurs
Au fil des décennies, Éliane Radigue croise le chemin de nombreux compositeurs minimalistes américains et remporte une résidence à la New York University School of the Arts. C'est ici qu'elle découvre les premiers synthétiseurs, en particulier l’ARP 2500, qu'elle utilise presque exclusivement jusqu'en 2000. Son approche unique et contemplative de la musique a non seulement influencé des générations de musiciens, mais a également résonné auprès des amateurs de musique du monde entier.
Comme l'explique le critique musical Jean-Michel Jarre : "Éliane a su transformer le silence en espace sonore", illustrant ainsi son impact indélébile sur la scène musicale contemporaine. Son héritage perdurera, inspirant ceux qui explorent encore aujourd'hui les limites de la création sonore.







