Le gouvernement pakistanais a récemment activé une déclaration de "guerre ouverte" contre les autorités talibanes, suite à une offensive afghane lancée à la frontière. Cette évolution a conduit à des bombardements sur Kaboul, aggravant ainsi une situation déjà tendue entre les deux nations.
Historiquement proches, les relations entre le Pakistan, puissance nucléaire, et l'Afghanistan se sont dégradées depuis que les talibans ont repris le contrôle de Kaboul en août 2021. Selon des sources médiatiques, le Pakistan accuse le régime afghan d'abriter des groupes militants responsables d'attaques sur son territoire, accusations que les autorités afghanes réfutent.
Des affrontements récurrents ont été signalés, en particulier après les combats d'octobre, qui ont causé la mort de 70 personnes des deux côtés. La frontière commune reste majoritairement fermée, exacerbant les tensions. Le Pakistan a mené des frappes sur plusieurs sites afghans, y compris dans les villes de Kaboul et Kandahar, qualifiant ces actions de "réponse appropriée" à des provocations antérieures.
Mohsin Naqvi, ministre pakistanais de l'Intérieur, a déclaré que la patience de son pays était arrivée à son terme, tandis que Khawaja Asif, ministre de la Défense, a affirmé que le pays est désormais engagé dans une guerre ouverte. Le Premier ministre Shehbaz Sharif a également souligné la capacité de ses forces à faire face à toute agression.
Les journalistes d'AFP à Kaboul ont rapporté avoir entendu des explosions et des jets de chasse tôt le matin, bien que la ville semble avoir retrouvé un calme relatif quelques heures plus tard. Une absence de présence renforcée des forces de sécurité a également été notée par des reporters sur le terrain.
En réponse aux bombardements, les talibans ont promis de mener des frappes "à grande échelle" contre les positions militaires pakistanaises. Des affrontements ont déjà été rapportés près du poste-frontière de Torkham, l'un des rares points de passage entre les deux pays.
Le camp d'Omari, qui abrite des rapatriés afghans, a été ciblé lors des attaques, engendrant des blessures parmi la population civile. Un témoin a rapporté des violences qui ont touché des enfants et des femmes.
Jeudi, l'armée afghane avait déjà lancé des offensives en réponse à des frappes pakistanaises, occasionnant la mort de plusieurs soldats des deux camps. Les tensions se sont exacerbées, le porte-parole des talibans affirmant que les forces afghanes avaient capturé plusieurs avant-postes pakistanais.
Selon l'ONU, les récentes frappes ont causé au moins 13 décès civils, le gouvernement taliban énumérant un bilan encore plus élevé. L'expert Michael Kugelman a noté que ces bombardements signalent une extension des attaques pakistanaises, touchant désormais le régime taliban lui-même.
Les efforts pour désamorcer le conflit, telles que des discussions facilitées par l'Arabie saoudite, n'ont pas encore abouti. Les ministères des Affaires étrangères d'Iran et de Chine ont proposé leur aide pour favoriser le dialogue entre les deux nations, tandis que les discussions entre les responsables pakistanais et saoudiens portent sur la réduction des tensions.







