Ajaccio – La coordination antimafia de Corse a lancé un appel ces jours-ci aux candidats aux élections municipales, les exhortant à "libérer leur parole" face aux pressions exercées par la mafia, un phénomène qui reste trop souvent ignoré dans les discours politiques. Jean-Toussaint Plasenzotti, membre fondateur du collectif Maxime-Susini, a exprimé son étonnement quant à l'absence de cette problématique essentielle dans les débats électoraux.
Il a déclaré : "La mafia est au cœur des préoccupations des Corses, pourtant, elle est systématiquement omise dans cette campagne. La mairie constitue le socle même de la démocratie en France et il est incompréhensible de faire abstraction d'un sujet aussi crucial." Plasenzotti insiste sur la nécessité pour les candidats de s'exprimer sur la question et de proposer des solutions face à cette menace.
David Brugioni, ancien maire de Centuri et représentant de l'association Anticor sur l'île, a également encouragé les élus à prendre position et à se joindre à cette lutte contre la mafia. "Il est temps que les élus abandonnent la discrétion et adoptent une attitude proactive face à ces enjeux. J'ai été témoin de menaces envers des élus, et même au sein de la coordination antimafia, il est choquant de constater que l'intimidation persiste", a-t-il déploré.
Pour soutenir les élus, la coordination propose des formations visant à les préparer à faire face à ces pressions, s'inspirant d'initiatives de sensibilisation lancées par l'État auprès de 1 000 agents publics sur l'île. Ces formations ont pour but de les aider à repérer et signaler les signes d'une présence criminelle.
La coordination demande également une mise en œuvre effective de la charte de l'élu local, adoptée par Anticor, qui stipule que toute personne exerçant un mandat électif doit avoir un "casier judiciaire vierge", tout en plaidant pour une meilleure protection des lanceurs d'alerte. Plusieurs manifestations ont récemment été organisées sur l'île par cette coordination, qui regroupe diverses organisations, dont les collectifs "A Maffia no, a Vita ié" et le syndicat agricole Via Campagnola.
La nécessité d'affirmer le combat contre la mafia semble plus pertinente que jamais pour garantir l'intégrité des institutions locales et protéger les citoyens. Les prochaines élections municipales seront indéniablement un test pour les candidats, face à un défi socio-politique majeur.







