Samedi dernier, les États-Unis et Israël ont engagé une série de frappes militaires contre l'Iran, entraînant une réponse de ce dernier sous la forme de tirs de missiles dans la région. Cette escalade des hostilités fait craindre un conflit majeur.
Dans un message vidéo, Donald Trump a exhorté le peuple iranien à "s'emparer du pouvoir", affirmant que "l'heure de votre liberté est à portée de main". Pendant ce temps, à partir de sa résidence à Mar-a-Lago en Floride, le président américain et ses conseillers suivent la situation de près, comme l'a rapporté la Maison Blanche.
Le chef d'état-major israélien, Eyal Zamir, a qualifié cette opération de "sans précédent", soulignant qu'elle dépasse en ampleur les attaques de juin 2025 qui avaient déjà provoqué un conflit de douze jours. Selon les sources israéliennes, "des centaines de cibles militaires iraniennes" ont été fixées cette fois-ci.
Un responsable militaire israélien a déclaré que plusieurs hauts dirigeants iraniens avaient été "éliminés". Cependant, Téhéran n'a confirmé aucun décès de sa direction.
Réagissant à cette situation chaotique, le gouvernement iranien a envoyé des messages SMS pour inciter les 10 millions d'habitants de Téhéran à évacuer la ville, où plusieurs explosions ont eu lieu.
Dans le sud de l'Iran, au moins 85 personnes auraient péri dans une école pour filles, selon des informations relayées par la télévision d'État, bien que l'AFP n'ait pas pu confirmer ces chiffres.
- Appels à la paix -
Des institutions internationales comme l'ONU et l'UE, avec le soutien de pays comme la Turquie, ont instamment demandé à toutes les parties d'arrêter les hostilités. Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se pencher sur la situation au Moyen-Orient à 21H00 GMT.
Dans un acte de riposte, l'Iran a ciblé plusieurs villes du Golfe, touchant des bases américaines et causant au moins un mort aux Émirats Arabes Unis. L'Arabie Saoudite a également annoncé qu'elle se réservait le droit de répondre.
Un grand nombre d'espaces aériens de la région ont été fermés, entraînant l'annulation de vols vers le Moyen-Orient.
- De fortes explosions à Téhéran -
À Téhéran, des détonations puissantes ont été rapportées par des journalistes de l'AFP, tandis que des ambulances étaient dépêchées dans plusieurs districts de la capitale. Un habitant a déclaré : "J'entends des explosions et des avions de chasse au-dessus de ma tête".
Les résidents se sont abrités chez eux, alors que d'autres cherchaient à retrouver leurs enfants dans les écoles.
Des explosions ont été signalées dans des zones stratégiques de Téhéran, notamment dans le quartier de Pasteur, où sont situés le bureau du guide suprême et la présidence.
D'après l'agence Isna, les frappes ont touché plus de 20 provinces sur les 31 que compte le pays, y compris Ispahan, Chiraz et Qom.
- Alertes en Israël -
En Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a justifié l'opération en soulignant la "menace existentielle" que représente, selon lui, l'Iran. Des explosions ont également été entendues à Jérusalem et dans d'autres régions, tandis que des sirènes d'alerte ont retenti, incitant les populations à se réfugier.
Les autorités israéliennes ont décrété un "état d'urgence spécial" et fermé l'espace aérien aux vols civils. Les Gardiens de la Révolution iranienne ont procédé à des tirs de missiles contre des bases américaines dans le Golfe, selon des sources officielles.
- Un climat d'incertitude -
Plusieurs explosions ont été entendues dans les villes du Golfe, telles que Riyad et Abou Dhabi. Les États-Unis ont conseillé à leur personnel diplomatique de "se mettre à l'abri". Les Émirats Arabes Unis rapportent avoir intercepté des missiles iraniens, tandis que d'autres pays, dont la Jordanie, prétendent avoir neutralisé des menaces similaires.
Les tensions entre Téhéran et Washington se sont exacerbées suite à la brutalité de la répression d'un vaste mouvement de contestation sur le sol iranien.
Alors que Washington a jusqu'ici favorisé des solutions diplomatiques, la pression militaire sur Téhéran demeure, amplifiée par le déploiement de forces aéro-navales significatives dans la région. Ainsi, le porte-avions Gerald Ford a été envoyé en Méditerranée, signalant un renforcement militaire.
Pour sa part, Donald Trump a exprimé son mécontentement face aux récentes négociations, appelant à une interdiction totale de l'enrichissement d'uranium, tandis que l'Iran soutient son droit à un programme nucléaire civil.
Washington demande également des limitations sur le programme balistique iranien, une question controversée que Téhéran refuse de négocier.







