Le procès relatif au naufrage du sous-marin argentin San Juan, ayant entraîné la mort tragique de ses 44 membres d'équipage en 2017, a pris un tournant important lors du deuxième jour d'audience à Rio Gallegos, en Argentine. Claudio Villamide, ancien commandant de la force des sous-marins, a défendu l'état du navire, affirmant qu'il "était en état de naviguer en toute sécurité".
Au cours de sa déclaration, Villamide a minimisé les accusations portées contre lui, allant jusqu'à qualifier les charges d'"injustes" et "fausses" : "J'ai accompli mon devoir et respecté les règlements. Les normes de sécurité étaient respectées", a-t-il soutenu. Plus de huit ans après le drame, le procès fait ressurgir les débats autour de la responsabilité des officiers impliqués.
Selon les documents judiciaires, l'accident du San Juan n'a pas été le fruit du hasard, mais plutôt le résultat d'un état d'usure prévisible du sous-marin. "Les équipements étaient conformes et tous les manuels nécessaires étaient à bord", a insisté Villamide.
Le San Juan, un sous-marin d'attaque de type TR-1700, avait quitté Ushuaia pour rejoindre sa base à Mar del Plata, mais avait signalé une panne électrique et un début d'incendie quelques jours seulement avant sa disparition. Cette tragédie, qualifiée par certains experts de "plus grande perte de la marine argentine en temps de paix", avait provoqué une immense mobilisation pour tenter de retrouver le sous-marin, retrouvés en 2018 par la société américaine Ocean Infinity, dans une zone difficile d'accès.
Des voix critiques se sont fait entendre, suggérant que la marine aurait "perdu le contrôle" du navire. Le ministre de la Défense de l'époque, bien que non entendu durant le procès, avait déclaré que le sous-marin avait "implosé", une affirmation qui reste pourtant entourée d’incertitudes. Le San Juan, construit en 1983, n'était théoriquement pas conçu pour descendre au-delà de 300 mètres, soulignant les limites techniques auxquelles il était confronté.
L'avocat de Villamide, Me Juan Pablo Vigliero, se montre confiant quant à un acquittement, arguant que le procès souffre d'un manque de preuves fondamentales pour une condamnation. "On ne sait toujours pas clairement ce qui s'est passé", a-t-il déploré. Une hypothèse envisagée à l'époque évoque une défaillance d'une valve, permettant une intrusion d'eau dans le compartiment des batteries, qui aurait pu déclencher la tragédie.
Les audiences se poursuivront une fois toutes les deux semaines et pourraient s'étendre jusqu'en juillet. Curieusement, les familles des victimes sont peu présentes au procès : beaucoup résident à plus de 3 heures de vol de Buenos Aires et n'ont pas les moyens de faire le déplacement, comme l'a souligné leur avocate, Valeria Carreras, qui représente 34 d'entre elles.







